Dragon Ball Z Kakarot | Une rétrospective du manga culte

Comme beaucoup d’enfants des années 80 et 90, j’ai grandi avec Dragon Ball Z. Je regardais les épisodes de l’animé à la télévision, quand je n’essayais pas de reproduire les personnages sur une feuille de papier, ou encore de compléter ma collection de « DBZ bonhommes ». Au grand dam de mes parents, on en trouvait, à cette époque, dans tous les distributeurs de capsules ! (Et je ne parle pas de Capsule Corp.) Quelques années plus tard, j’ai acquis l’intégralité des mangas, qui m’a permis de découvrir l’histoire de Son Goku, enfant. Mais même là, je ne savais pas encore combien cette saga me suivrait, grâce aux valeurs qu’elle inculque, au même titre que certains contes Disney. Si tu restes sur cet article, c’est que tu as envie de te replonger dans l’histoire de Dragon Ball Z et de découvrir si le JRPG DBZ Kakarot lui fait honneur. Si tu ne connais pas grand chose à ce manga culte, ce n’est pas grave, on va en parler. Mais sache que certains passages clés de l’histoire peuvent être spoilés. Tu es prêt(e) ? C’est parti.

Les jeux vidéo Dragon Ball

Aussi surprenant que cela puisse sembler, il y a déjà eu environ 70 adaptations vidéoludiques de Dragon Ball. Certaines n’ont d’ailleurs sans doute jamais vraiment franchi les frontières nippones. Le premier jeu dont je me souviens est Dragon Ball : Final Bout (1997). Avec le recul, ce jeu de combat n’était pas très bien fichu et monstrueusement lent, ce qui ne nous a pas empêchés, mes frères et moi, d’y jouer énormément. On faisait avec ce qu’on avait, à l’époque de la PlayStation 1 ! Vint ensuite, dans les années 2000, l’époque des DBZ Budokai, puis Budokai Tenkaichi. Et autant dire que les disques ont encore pas mal tourné. En plus de proposer une immense palette de personnages, Budokai Tenkaichi 3 imitait les graphismes du manga et permettait de se transformer, en plein combat. Tu te rends compte ? Pour être tout à fait honnête, l’époque des jeux proposant un mode multi local de qualité, et de nombreux personnages à débloquer, sans les acheter, me manque. J’ai aussi eu l’occasion de tester l’un des épisodes de DBZ : L’héritage de Goku, sur Game Boy Advance. Un titre intéressant dans la mesure où, à l’instar de DBZ Kakarot, il s’agissait d’un RPG. Il y eut de nombreuses autres adaptations, à commencer par la série Xenoverse ou Dragon Ball FighterZ, qui ne m’ont jamais donné spécialement envie. J’avais d’ailleurs de forts a priori sur DBZ Kakarot, avant de me lancer dans l’aventure. Et tu sais quoi ? Je suis très heureuse d’y avoir joué.

L’harmonie de la narration et du gameplay

Entendons-nous bien, objectivement, DBZ Kakarot n’est pas un grand JRPG. Si certaines cinématiques sont d’excellente facture et n’ont pas à rougir face à l’animé, l’aspect technique et les graphismes peuvent se révéler bancals. Côté histoire, le jeu vidéo reprend les quatre grands arcs de Dragon Ball Z : l’arrivée des Saiyans sur Terre, l’affrontement contre Freezer sur Namek, le Cell Game et l’arc final, dix ans plus tard, contre Majin Boo. DBZ Kakarot rend hommage à tous les moments emblématiques du manga. Si cela peut captiver ou émouvoir les fans, ce peut être à double-tranchant pour les moins fans, voire les néophytes. Le jeu est-il un bon moyen de découvrir cette histoire culte, ou au contraire, très fastidieux ?

Bien qu’il s’agisse d’un Action-RPG en monde ouvert, DBZ Kakarot est une alternance de combats et de dialogues ou cinématiques. Sans surprise, l’entraînement et les arts martiaux sont au cœur du gameplay. Je te rassure, tu n’auras pas à expérimenter de longues phases de level-up, dans la mesure où le jeu n’oppose pas de difficulté majeure. Pourvu que tu joues sérieusement et ne négliges pas le contenu annexe, tout devrait bien se passer. Les différentes méthodes d’entraînement s’avèrent toutefois indispensables pour acquérir certaines compétences, comme le Genki Dama, le Final Flash, ou le fameux Kamé Hamé Ha. Les combats sont, quant à eux, assez intuitifs. Le dosage des puissances est respecté autant que possible, et on ne s’ennuie pas, pourvu qu’on utilise toutes les fonctionnalités mises à notre disposition. Entendons-nous bien, DBZ Kakarot est un jeu plus tout public que véritablement technique, mais ce n’est, à mes yeux, pas un inconvénient. Le plus important est la manière dont il retranscrit, par sa narration ou son gameplay, la force des thématiques de l’histoire de Dragon Ball Z.

Le manga est une histoire de confrontations et de persévérance, qui incite à se surpasser continuellement, certes. C’est avant tout une histoire de famille et d’amitié, rappelant qu’il est parfois impossible de s’en sortir seul. Cette ode à l’entraide se traduit, dans DBZ Kakarot, par la possibilité de créer des trios. Tu contrôles le personnage principal, tandis que les autres combattants peuvent effectuer des actions de soutien, commandées ou non. Le jeu possède par ailleurs un système d’emblèmes très intéressant. Chaque personnage possède un emblème à son effigie, qui peut être placé dans différents arbres de compétences. Par exemple, Bulma est l’emblème principal de l’arbre de compétences des créations technologiques. Plus on y ajoutera d’emblèmes, plus on obtiendra d’avantages dans ce domaine. Or, il ne faut pas placer les personnages n’importe comment. L’emblème de Bulma apportera beaucoup plus de points s’il est associé aux membres de sa famille, ou à ses amis proches.

Le contenu annexe inégal

Outre la quête principale, Dragon Ball Z Kakarot possède un monde ouvert. Et qui dit monde ouvert, dit contenu annexe. Certes, les quêtes secondaires sont ce que l’on peut concevoir de moins imaginatif dans les RPGs, mais elles ont le mérite d’adopter un humour décomplexé, propre à la saga, ou encore de mettre en avant des personnages de Dragon Ball, premier du nom. Le titre possède plusieurs mini-jeux, sans intérêt apparent, mais qui sauront attendrir le cœur des fans. On peut ainsi pécher de manière sportive, avant d’aller goûter la cuisine de Chichi, ou encore de voir Goku et Piccolo conduire de manière assez désastreuse. Il est aussi possible, bien entendu, d’aller chercher les sept boules de cristal afin d’invoquer Shenron. Le jeu regorge de références à l’univers de DBZ, par son contenu annexe, mais aussi par certains collectibles ou encore l’encyclopédie disponible dans le menu. Pour couronner le tout, le doublage japonais et la bande originale sont d’excellente facture. Je regrette que les références n’aillent pas plus loin, afin de diversifier le contenu annexe somme toute superficiel. Il est dommage qu’il n’y ait pas de vrai « épilogue » ou que les musiques originales ne soient pas toutes présentes, mais Dragon Ball Z Kakarot demeure un hommage satisfaisant – et très fidèle – au manga et à l’animé cultes.

Les thématiques de Dragon Ball Z

Je me dois d’insister sur le fait que c’est un réel plaisir de revivre (en étant acteur), tous les moments les plus emblématiques de Dragon Ball Z. Kakarot porte bien son nom puisqu’il s’agit de l’histoire de Son Goku, puis de ses fils. Mais l’intrigue de DBZ a toujours abordé des thématiques beaucoup plus vastes que cela. Il nous faut affronter des adversaires de plus en plus coriaces, au point que cela en devienne caricatural, mais en y réfléchissant, ce sont aussi des adversaires de plus en plus chaotiques et inhumains (si tant est que ce mot ait un sens dans l’univers de Dragon Ball). Les premiers ennemis du jeu, les Saiyans, en veulent à la Planète Terre, mais ne sont finalement que les instruments de Freezer, rencontré plus tard sur Namek. Ce guerrier impitoyable est la figure du tyran par excellence. C’est une espèce de mégalomane qui souhaite asservir la galaxie, quitte à décimer des peuples entiers. L’arc sur Namek se révèle plus intimiste que prévu, puisque, par la force des choses, et en ne le découvrant que très tard, Son Goku parvient à venger son peuple. L’arc suivant laisse de côté la mythologie des Saiyans et fait un pas de plus dans la science-fiction, puisqu’il aborde les questions du voyage temporel ou de la création de cyborgs dévastateurs. Cell est un être construit de toutes pièces, à partir de données récoltées sur Son Goku et ses amis. Le guerrier verdâtre est moins calculateur et mégalomane que Freezer dans la mesure où il a l’amour du combat, au point d’organiser un championnat, pour se distraire. L’arène de Cell sera d’ailleurs le théâtre d’un passage de flambeau. Son Goku reconnaît que son fils, Gohan, peut être plus puissant que lui. Le dernier antagoniste de DBZ, Majin Boo, est comme son nom l’indique, une sorte de mauvais génie. A vrai dire, Boo n’a aucun objectif fixe. C’est un pur agent du chaos et c’est cela qui le rend particulièrement redoutable.

Je disais, plus haut, que DBZ invite ses héros à se surpasser. Ce n’est pas seulement sur le plan physique mais aussi sur le plan moral. Son Goku lui-même, en dépit des apparences, est une déconstruction du héros suprême et parfait. Et je ne fais pas seulement référence à sa grande naïveté. Comme certains de ses homologues américains, il fait preuve d’une grande compassion et il est incapable de tuer. Si cela se retourne parfois contre lui, de nombreux adversaires d’hier accèdent à la rédemption et deviennent les amis de demain. Malgré son amour de la compétition, Son Goku ne vit pas pour devenir le meilleur. Il est capable de se mettre en retrait et de faire preuve d’une grande abnégation. Il n’hésitera pas à céder le flambeau à Son Gohan, au cours d’une scène culte, et à se sacrifier, pour sauver sa famille et ses amis. Au fil des arcs, et de leur résolution, on réalise que Son Goku n’est pas la clé de tous les problèmes. A la fin de Dragon Ball Z, il ne serait jamais venu à bout de Majin Boo sans l’aide de Vegeta, des Terriens, et même de Mister Satan lui-même. Son fils, Gohan, n’a, quant à lui, pas l’âme d’un guerrier. Il rêve de devenir un grand érudit, et c’est bon gré, mal gré, qu’il se retrouve au sein de batailles décisives. Mais la plus grande déconstruction du guerrier sans scrupule est sans doute celle de Vegeta. Terriblement fier et arrogant, celui-ci ne vit que pour être le meilleur, au point de haïr Son Goku, simplement parce qu’il lui a laissé la vie sauve, après l’avoir vaincu. Au fil des années, Vegeta apprendra à vivre pour d’autres personnes que pour lui-même et à enfin reconnaître que Goku est, pour lui, ce qui se rapproche le plus d’un meilleur ami.

Je n’apprends sans doute rien aux amateurs de Dragon Ball Z, mais j’avais besoin de rappeler les thématiques fortes du manga, peut-être pour mieux poser des mots sur les émotions auxquelles nous confronte DBZ Kakarot.

PS : Tu peux retrouver mon premier article sur Pod’Culture, ainsi qu’une interview sur La Vision d’un Gamer.

8 réflexions au sujet de « Dragon Ball Z Kakarot | Une rétrospective du manga culte »

  1. Comme tu le sais, je ne connais vraiment pas grand-chose à Dragon Ball, mais c’est un plaisir de lire ton article et de voir combien le jeu t’a plu alors que tu ne t’y attendais pas. Ça me permet au moins de découvrir de grands moments-clefs et des thématiques de l’univers, même si tu m’en avais déjà parlé. Ca a dû être une belle madeleine de Proust ce jeu ! Je suis impressionnée des captures d’écran, on se croirait vraiment dans le dessin animé, les graphismes sont super beaux.

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  2. Bon, quand est-ce que je vais finir par l’acheter ce jeu ? ^^
    Si tu as aimé, je pense que je vais l’aimer ce jeu du coup. Ca me permettra de revivre l’animé/manga mais en plus, ça faisait longtemps que je n’avais pas joué à un jeu DBZ depuis Budokai. Et je suis d’accord avec Hauntya, j’ai l’impression de me retrouver dans l’univers de l’animé/manga avec les captures, c’est fou ! Mention spécial pour le mini-jeu du permis de Goku et Piccolo ahah (j’avais adoré ce petit moment détente dans DBZ).

    « Pour être tout à fait honnête, l’époque des jeux proposant un mode multi local de qualité, et de nombreux personnages à débloquer, sans les acheter, me manque. »
    ____
    MAIS OUI !!!! J’en ai marre des 36milles DLC à acheter pour débloquer un personnage !

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    1. Ne dit-on pas que le meilleur moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder ?^^ Si tu es fan de DBZ, et es déjà conquise par les graphismes, je pense que ce jeu sera une belle madeleine de Proust pour toi ! PS : En plus, c’était vraiment jouissif de débloquer des personnages à force de persévérance.

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      1. Et oui haha ! Je voulais l’acheter au leclerc de chez moi mais vu qu’ils ne veulent plus laisser les gens en acheter parce que « non essentiel », je commanderais chez la fnac tan pi ^^
        Ah mais le débloquement des personnages, c’est une bonne idée ça !

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  3. Oui oui et encore oui !!! Je pense me le prendre pour Noël ! Que de souvenirs bon sang ! Je me souviens en CM2, sur mon lit superposé j’avais une petite étagère au dessus de ma tête et j’avais quelques tomes de Dragon Ball que j’ai lu, relu et encore relu, qu’est ce que j’ai pu aimer me les faire, cette histoire est tout simplement légendaire. Je n’ai pas eu l’occasion de découvrir ce qu’il se passe après l’arc de Buu. Je n’ai jamais regardé Dragon Ball GT mais je me suis enquillé tous les Dragon Ball Super, qu’est ce que c’était bon. Te voir parler de Tenkaichi m’a fait replonger une seconde fois en enfance, avec le 2e opus sur Gamecube à l’époque. Le bon vieux temps … Cet article plein de nostalgie transpire l’amour et les bons souvenirs pour Dragon Ball, tes mots en témoignent et je suppose que ceux qui lisent cet article ont également cet amour pour Goku ou ont au moins une histoire avec Dragon Ball, c’est un article qui fait énormément de bien, et lorsqu’il est rédigé par quelqu’un dont la plume mets tout le monde d’accord, c’est d’autant plus plaisant. Merci pour ce moment que tu nous as offert, et je te dis à dans deux semaines pour ton nouveau récit. (Ou peut être plus tôt sur Podculture !)

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    1. Je suis ravie de voir que tu es fan de DBZ. Bon, ça ne m’étonne pas venant d’un homme de bon goût^^ Comme je l’ai dit, ce n’est pas le JRPG de l’année, mais c’est un présent très précieux et respectueux à l’égard des fans de la saga. Personnellement, j’ai revécu certains moments à fond. Alors, j’avais vu DB GT et j’ai un peu testé DBS, et je trouve qu’ils n’arrivent pas à la cheville de DB ou de DBZ, tout en se laissant regarder/lire. Par contre, je trouve que les gens qui critiquent GT et trouvent DBS très bien sont un peu de mauvaise foi x) Mais c’est un autre débat. Une fois n’est pas coutume, merci pour ce sublime commentaire. Et vraiment, dis-moi, si tu sautes le pas ! Pour finir, comment ne pas aimer et admirer Goku ? (Même si je suis plutôt team Vegeta x) )

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      1. Il va falloir que je soigne cet affront en regardant GT ne serait ce que pour le SSJ4 que je trouve extrêmement stylée. J’ai rarement était aussi hype devant un anime que devant DBS avec le tournoi entre les univers, mon Dieu cet hype !!! Ahahah tu sais, tu aurais pu me dire que tu était team Yamcha que je t’aurais serré la main, aimé Dragon ball, peu importe les chouchous, est preuve de bon gout ! 😁😁

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