Nathan Drake & Lara Croft, Jumeaux ou Némésis ? (Tomb Raider (2013) & Uncharted : Drake’s Fortune)

J’ai beau m’intéresser aux jeux vidéo depuis plusieurs années, il est des licences cultes auxquelles je n’ai jamais joué. Je pense à Uncharted et à Tomb Raider (saga initiale comme reboot). Pour ma défense, les jeux d’action et les gunfights n’ont jamais été ma tasse de thé ! Allais-je pour autant garder un esprit obtus et prendre le risque de passer à côté de licences phares ? Non, évidemment. Dans l’imaginaire collectif, Nathan Drake (né en 2007 sur PS3) est l’héritier de Lara Croft (apparue en 1996 sur PlayStation). L’ironie du sort voudrait que la trilogie reboot Tomb Raider, sortie en 2013, se soit elle-même inspirée d’Uncharted. S’il est tentant de se laisser bercer par la théorie du serpent Ouroboros, j’ai toutefois cherché à prendre du recul et à conserver un esprit critique. Uncharted : Drake’s Fortune et Tomb Raider, édité par Square Enix, ont-ils autant de similitudes qu’on le prétend, ou cela n’est-il finalement qu’un raccourci un peu sommaire ? Bien qu’il n’y ait jamais de fumée sans feu, la représentation de la figure héroïque, les ressorts narratifs et le public auquel s’adresse le gameplay pourraient représenter plus de différences qu’on ne le présage.

Coïncidence ? Je ne crois pas !

Je serais de mauvaise foi si j’affirmais que les deux sagas ne s’influencent pas mutuellement. Dans les deux cas, le joueur ou la joueuse incarne un personnage qui n’aurait rien à envier à Indiana Jones. En interprétant Nathan Drake ou Lara Croft, tu seras amené(e) à explorer des contrées tantôt inquiétantes, tantôt dépaysantes, mais toujours nimbées d’énigmes et de mystères. Là-bas, les dangers sont légion, qu’il s’agisse de pièges dissimulés ou d’ennemis lourdement armés. Les phases d’exploration feront souvent place à des scènes d’action haletantes, suivant les pulsations d’un rythme soutenu qui ne te laissera que peu de répit. Il n’est pas anodin que les deux jeux renoncent à afficher toute barre de vie, préférant obscurcir l’écran lorsque le personnage est en train de mourir, afin de renforcer l’immersion. Ladite immersion devant beaucoup à des graphismes fort alléchants. Les similitudes entre les sagas sont frappantes, ce qui devient d’ailleurs un pur atout marketing. Il paraît difficile d’en douter lorsqu’on compare les jaquettes de Uncharted : The Nathan Drake Collection et de Rise of the Tomb Raider. Pourtant, les jeux ont moins en commun que ne pourrait le penser une néophyte, comme je l’étais.

Du voyageur rodé à l’aventurière en construction

Je n’ai pas la prétention d’être devenue une experte en la matière, n’ayant après tout joué sérieusement qu’à Uncharted : Drake’s Fortune et Tomb Raider (2013). Au reste, ces deux premiers opus sont révélateurs. Dans les deux cas, l’histoire commence in medias res. Nathan Drake est victime d’une embuscade en pleine mer, tandis que Lara Croft se retrouve pendue par les pieds dans une caverne, suite à un naufrage. Le prologue donne le ton : non seulement le joueur est directement plongé dans l’action, mais il fait la rencontre d’un(e) protagoniste plutôt dur(e) à cuir. Nonobstant, Nathan et Lara (telle qu’elle apparaît dans le reboot) ont un caractère, mais aussi un parcours, dissemblables.

Le prologue de Drake’s Fortune permet tout de suite de comprendre que Nathan est un voyageur aguerri qui a plusieurs cordes à son arc. Il descend les pirates à tour de bras, avec une désinvolture et une insouciance intrinsèques à l’humour du jeu. Lara a, pour sa part, tout à apprendre. Il s’agit des premières épreuves qu’elle affronte et elle est bouleversée lorsqu’elle tue un homme pour la première fois. (Ce qui ne va pas l’empêcher de faire un réel massacre, par la suite, non plus !) Le ton du jeu se veut tout de suite plus dramatique. Lara Croft a souvent l’air de subir les épreuves, et d’en ressortir fortement éprouvée, même si cela lui permettra de gagner en force et en expérience. Hélas, le rythme de Tomb Raider est si effréné qu’il ne laisse que peu de place à la psychologie. C’est sans doute pourquoi cette jeune Lara ne fait pas l’unanimité. Et il faut bien reconnaître que le doublage français n’aide pas, tant le jeu d’Alice David peine à convaincre. (Elle souffre beaucoup de la comparaison avec Françoise Cadol, doubleuse de Lara dans la saga initiale. D’aucuns pourraient considérer que Lara perd des caractéristiques cruciales, comme sa flegme britannique). Qu’on aime ou non, Nathan Drake se veut un explorateur aguerri et sympathique, alors que Lara est une débutante, progressant par la souffrance. Drake’s Fortune est l’héritier du Pulp, ce genre ancien où un héros sans peur vit des aventures pleines d’action et d’exotisme. (On peut considérer que l’aventurier est inspiré non seulement d’Indiana Jones, mais aussi de John McClane (Die Hard)). Tomb Raider apparaît davantage comme le récit initiatique qui cherche à expliquer les origines d’une héroïne en l’occurrence plus sérieuse.

Cela se reflète par l’intermédiaire des personnages secondaires. On remarque, cela soit dit en passant, que les compagnons sont plus présents dans le parcours de Drake que dans celui de Croft, laquelle progresse souvent seule. Les partenaires de Nathan sont peu nombreux mais efficaces : Elena et Sullivan. Elena est clairement l’équivalent féminin de Nathan, qui s’écarte des stéréotypes de demoiselle en détresse ou de femme fatale. On pourrait même penser que la nouvelle Lara Croft s’inspire autant voire plus d’Elena, que de l’ancienne Lara. Quant à Sully, ce vieux roublard expérimenté pourrait apparaître comme un mentor s’il n’était pas aux antipodes de la figure paternelle du vieux sage. Lara, elle, a un vrai mentor : Roth, le capitaine de l’Endurance. Hélas, il s’agit du seul membre de l’équipage un tant soit peu développé. Attention, spoiler ! Comme toute héroïne suivant un parcours initiatique, Lara est amenée à perdre son mentor, qui se sacrifie pour elle. Dans Uncharted, Nathan croit également perdre Sully, avant de le retrouver bel et bien vivant, quelques chapitres plus tard. Une fois encore, cela marque la différence entre un récit initiatique classique et une aventure plus décomplexée.

Les rebondissements narratifs

Bien que les deux jeux aient plusieurs points communs au niveau de la narration, il subsiste une différence cruciale : le traitement du fantastique. Si tu souhaites t’éviter tout spoiler, je peux t’inviter à passer directement à la partie suivante.

Descendant de l’illustre Francis Drake, Nathan est bien décidé à trouver l’El Dorado. En l’occurrence, il ne s’agirait pas d’une cité mais d’une immense statue en or. L’aventurier devra traverser et escalader de nombreux paysages amazoniens, lorsqu’il ne sera pas confronté à une armée d’adversaires. Même si Drake est en quête d’une légende, l’aventure semble, pendant le trois-quart du jeu, plus ou moins réaliste. Il en va de même dans Tomb Raider, où Lara, pour sa première expédition, choisit d’enquêter dans le sud du Japon. Malheureusement, le navire fait naufrage après une violente tempête. En plus des caprices de la nature, Croft va devoir affronter une communauté aussi fanatique que dangereuse.

La dimension fantastique apparaît progressivement dans Tomb Raider. Le premier phénomène marquant est l’apparition furtive d’une créature que Lara entrevoit et n’affronte pas tout de suite. Il s’agit en vérité d’un samouraï ou « garde-tempête » qu’elle sera amenée à combattre à la fin du jeu. L’exploratrice découvre progressivement des indices qui l’amènent à penser que l’île est le terrain d’une force surnaturelle. C’est pourquoi les tempêtes empêchent quiconque d’y échapper. Le fantastique est de plus en plus présent jusqu’au dénouement où Mathias, l’antagoniste du jeu, tente de pousser l’âme de la Reine Solaire à se réincarner dans le corps de Sam, l’une des membres de l’équipage.

Au contraire, l’apparition du fantastique n’a rien de progressif dans Uncharted. Elle est si soudaine que j’en fus la première surprise. Alors que Nathan poursuit son exploration, il se retrouve tout à coup bloqué dans une salle où des êtres maudits apparaissent. Et ils ne lui veulent pas que du bien ! En plus de marquer un tournant, le chapitre 17 « Le cœur de la salle » est mémorable car il possède une ambiance anxiogène inédite, jusqu’à présent. Adieu le sentiment d’évasion. Drake est prisonnier d’un huis-clos où il doit survivre le plus longtemps possible, afin qu’Elena puisse le sortir de là. Après cette mésaventure, Nathan devra affronter les ennemis habituels, mais aussi ces êtres maudits à glacer le sang. C’est là un vrai tour de force qui m’a laissé sans voix, qui m’a évoqué le petit frère d’Uncharted (The Last of Us), et qui ne pouvait donc que me séduire !

Les mécaniques de gameplay

Après avoir mentionné la figure héroïque et la narration, il paraît inévitable de parler du gameplay. Dans l’imaginaire collectif, Uncharted est l’héritier direct de la première saga Tomb Raider. J’admets n’avoir jamais joué à cette dernière, mais de nombreux éléments poussent à relativiser. Dans un entretien avec Ars Technica, Lucas Pope, un ancien développeur de Naughty Dog, a expliqué qu’Uncharted avait effectivement été pensé comme un jeu ayant le gameplay d’un Tomb Raider traditionnel, avant de subir des changements de dernière minute. Ces changements auraient été provoqués par la sortie de Gears of War, sur X-Box 360 (2006). A l’origine, Nathan Drake était plus rigide et visait automatiquement les ennemis. Le système de contrôle a été entièrement revu, afin de donner le jeu de tir à la troisième personne que nous connaissons.

Certains fans de Tomb Raider de la première heure, même s’ils ne peuvent nier l’influence d’Uncharted sur le reboot, ne voient que peu de points communs entre la saga lancée en 1996 et les aventures de Nathan Drake. Sur tombraiderfrance.com, Ecklypsis explique que « les Tomb Raider pré-reboot sont basés sur leurs mécaniques de jeu, tandis que Uncharted est avant tout basé sur sa narration. » Dans les premiers Tomb Raider, c’est l’histoire qui s’adapte à des mécaniques de gameplay, et non pas l’inverse. Le gameplay de chaque jeu s’adresserait à deux types de joueurs distincts : les Killers (interagissant sur les personnages) pour Uncharted, et les Explorers (interagissant avec le monde) pour les premiers Tomb Raider. (Si tu souhaites en apprendre davantage, je t’invite vivement à lire l’article en question). Le but n’est pas de définir si une saga est meilleure que l’autre, mais simplement de rappeler que les gameplays sont différents et s’adressent à différents types de joueurs. C’est peut-être d’ailleurs pourquoi le reboot de Tomb Raider semble faire face à une mission difficile : comment contenter les fans de Tomb Raider de la première heure, qui aiment explorer l’environnement et éprouver une sensation d’accomplissement lorsqu’ils résolvent une énigme ; et les fans d’Uncharted, habitués à un rythme effréné où ils ne sont pas même ralentis par les énigmes ? (Si tu tardes à trouver où aller pendant quelques minutes, le jeu te propose très rapidement un bouton d’astuce). Il est vrai que le Tomb Raider de 2013 contient plusieurs sanctuaires avec des énigmes intéressantes. Elles ne sont pour autant par ardues, et surtout, il s’agit de lieux facultatifs.

Or, ce reboot générique n’est pas le mélange de seulement deux types de gameplays. Contrairement à Uncharted, le jeu emprunte plusieurs mécaniques aux RPGs. Lara Croft peut évoluer à force d’acquérir de l’expérience et d’apprendre de nouvelles compétences. Il lui faut récupérer des matériaux dans le but d’améliorer ses armes. Les matériaux en question se trouvent aussi bien dans l’environnement que sur les dépouilles des adversaires ou des animaux chassés. Voilà qui renforce merveilleusement le sentiment d’exploration et de survie, même si je ne suis pas sûre du bien-fondé d’intégrer des mécaniques de RPG dans absolument tous les jeux. A cela s’ajoute des zones semi-ouvertes et un nombre de collectibles bien plus importants ! Alors que Nathan n’a à trouver qu’une soixantaine de trésors, dans Drake’s Fortune, les joueurs de Tomb Raider les plus perfectionnistes devront faire attention aux documents, aux reliques, aux géocaches, mais également aux défis de chaque zone !

Illustration de Diego Llorente.

Épilogue

Je crois qu’il est perceptible que j’ai été agréablement surprise par l’expérience proposée par Uncharted et Tomb Raider. J’ai eu une préférence pour Uncharted : Drake’s Fortune, dont l’histoire et le gameplay n’avaient de cesse de gagner en intensité. Au contraire, à force de courir plusieurs lièvres à la fois, le reboot de Tomb Raider n’en tue aucun et propose moins de sensations fortes ou de souvenirs impérissables. Je ne l’ai pas détesté pour autant, car il fait la part belle à l’exploration ; sans compter que je ne peux guère le comparer à la saga initiale. Uncharted a réussi à se détacher des premiers Tomb Raider, sans pour autant renier leur influence. Les aventures de Nathan Drake ont leur identité propre et surtout, l’assument jusqu’au bout. A l’inverse, le reboot de Tomb Raider emprunte un peu ici et là, sans jamais parfaitement s’affirmer. Peut-être cela évolue-t-il dans la suite de la trilogie ? Dans tous les cas, les deux jeux ont moins en commun qu’on ne pourrait le croire. Il y en a pour tous les goûts. Donc, comme dirait ce vieux Indy, « arrêtez de vous chamailler, les enfants » !

Sources :

https://www.tombraiderfrance.com/uncharted-tomb-raider-parfait-serieusement-arretons-pitie/

https://gamergen.com/actualites/uncharted-origine-gameplay-ressemblait-encore-plus-tomb-raider-299026-1

https://www.jeuxactu.com/tomb-raider-uncharted-square-enix-aurait-il-plagie-naughty-dog-105117.htm

https://www.deviantart.com/diegollorente

Merci à Mystic Falco pour la miniature. Un grand merci également à Hauntya et Donnie Jeep pour leur relecture et leurs conseils !

12 réflexions au sujet de « Nathan Drake & Lara Croft, Jumeaux ou Némésis ? (Tomb Raider (2013) & Uncharted : Drake’s Fortune) »

  1. Un excellent article sur un débat qui n’a effectivement pas lieu d’être ! Oui les deux jeux se ressemblent à s’y méprendre, pourtant lorsque l’on veut jouer à un jeu d’exploration, on se penchera plus facilement vers la saga des Tomb Raider, et si l’on veut de l’action, vers les Uncharted.
    J’ignorais ce revirement de gameplay du fait de Gears of War mais c’est vrai que l’on retrouve toutes les mécaniques dans la saga Uncharted.
    Aussi, j’ai bien aimé que tu ouvres la porte de l’aspect psychologique de Lara, qui ne se développera finalement que très peu dans cette trilogie et passera du personnage effrayé au serial killer en quelques minutes ^^
    Par ailleurs, je me demande bien quel sera le choix des développeurs du prochain jeu Indiana Jones, iront-ils plus vers l’exploration ou vers l’action ? Ou trouveront-ils un mélange efficace ?

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    1. Hey, merci d’avoir pris le temps de lire et de commenter ! Les connaissant très peu, je les voyais toujours comparés, et je suis contente de m’être fait mon propre avis. On est assez d’accord pour Lara ^^ On va voir si le prochain Indiana Jones cherche à tisser sa propre personnalité ou s’il va surfer sur la vague de ses aînés. Bonne question !

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  2. Oh un article sur ces deux univers qui se rapprochent et une fois de plus intéressant. Je n’ai jamais joué à un Uncharted (je vais l’expliquer dans un article gaming) du coup, je ne peux pas comparer. J’en ai lu des commentaires comparant ces deux jeux et crier au plagiat aussi… heureusement qu’ils n’ont pas gardé le gameplay prévu pour Uncharted pour le coup.

    Par contre, ce que je peux dire c’est quand j’ai su qu’ils avaient fait un reboot de TR, je me suis demandée « pourquoi ? ». Je n’ai pas reconnu la Lara de mon enfance et ça ne m’a pas donné envie d’y jouer. Ouais, ceci est un argument de merde ! Par contre, j’ai pu connaitre le premier épisode de reboot en regardant mon ex jouer et finalement, je me suis que c’était plus mal mais déçue de ne pas avoir entendu Françoise Cadol. J’y jouerais sans doute bien évidemment, j’ai même eu à Noël Shadow ot Tomb Raider. J’espère aimer cet univers alternatif d’une de mes sagas fétiches.

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    1. Merci pour ton commentaire ! Comme toi, je n’étais pas attirée par ces sagas, mais j’entendais tellement parler de leurs similitudes que j’ai eu envie de me lancer dans cette expérience, ahah. Ce n’est pas un argument si injustifié. Beaucoup de fans de la première Lara se sentent effectivement trahis. Certes, c’est comme une réécriture mais c’est dommage s’il y a peu de similitudes. (Mais la VF du premier opus est vraiment mauvaise). Ce qui m’arrange, c’est qu’on m’a prêté le premier Tomb Raider et que les deux autres étaient sur le PS Plus. Tout comme la plupart des Uncharted^^

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  3. Super article, c’est vraiment intéressant de découvrir le point de vue d’une joueuse qui n’a aucun préjugé sur l’une ou l’autre des licences et qui peut ainsi les découvrir avec un regard neuf. D’autant que tu en arrives finalement au même constat que moi : Uncharted a beaucoup moins emprunté à Tomb Raider (pré-reboot) que Tomb Raider (post-reboot) n’a emprunté à Uncharted. D’un côté on a Naughty Dog qui s’est réapproprié une formule de A à Z pour en faire une œuvre originale, de l’autre on a Crystal Dynamics qui a copié ce qui se faisait de mieux un peu partout, par-delà Uncharted, pour en faire un vulgaire melting pot. Un « Tomb-Charted-Far-Creed-Of Us-Duty », comme je l’écrivais en 2017.
    Alors oui, le résultat fonctionne, mais il est loin d’être brillant et il arrive avec des lacunes qu’il aurait facilement pu éviter s’il avait davantage potassé sa formule. J’aime beaucoup ton analogie sur le sujet d’ailleurs : « à force de courir plusieurs lièvres à la fois, le reboot de Tomb Raider n’en tue aucun ». C’est exactement ce que je répète depuis le début. À force de vouloir plaire à tout le monde, en se voulant plus « réaliste et humain » que la saga pré-reboot mais malgré tout « explosif et hollywoodien » à la manière d’un Uncharted, il échoue finalement dans les deux domaines qui entrent constamment en contradiction l’un avec l’autre. Un aspect qui s’est quelque peu corrigé dans les opus suivants, même si le résultat n’en demeure pas moins mitigé pour autant.

    Et en conclusion, je tiens à te dire, en réaction à ton constat sur le fait que « le rythme de Tomb Raider est si effréné qu’il ne laisse que peu de place à la psychologie » : MERCI ! C’est bien l’aspect qui m’a le plus déçu dans ce reboot qui est écrit avec les pieds du début à la fin (pour rester poli).

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    1. Merci ! Je suis contente que tu me donnes ton avis sur cet article et surtout qu’il t’ait plu. D’ailleurs, je ne l’ai pas précisé dans l’article, mais si les scènes d’action de Uncharted sont déjà spectaculaires, celles de Tomb Raider sont gargantuesques et on se demande parfois comment une héroïne en devenir survit à tout ça, ahah

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  4. Je te l’ai déjà dit, mais ton article est tout simplement riche et passionnant, c’est un plaisir de lire ton avis de néophyte sur ces deux licences ! Je suis partiale de mon côté avec les anciens Tomb Raider, même si je veux redonner sa chance à Uncharted. Tu dresses émerveillement les quelques parallèles des deux sagas, avant de montrer qu’ils s’éloignent plus qu’autre chose finalement. Ta conclusion résume bien le ressenti à la fin des dits jeux : il est vrai que je ne garde du reboot de Tomb Raider, qu’une sensation d’aventure et d’exploration sans véritable consistance (j’ai déjà oublié tout ce qui s’y passe) alors qu’Uncharted 4 se concentre sur un seul fil et s’y tient, sans se disperser. Je n’avais pas réfléchi à quel point leurs gameplays différaient non plus ! Je n’ai pas fait Uncharted 1, mais c’est intéressant de voir comment il introduit le fantastique d’un coup pour bousculer le joueur (alors que dans les TR, j’ai l’impression que la moitié du temps, il y a démystification ou raisonnement du surnaturel jusqu’à un certain point, comme me le faisait penser une quête annexe du 2e ou 3e jeu, avant d’assumer le fantastique). Il est vrai que les premiers TR avaient aussi un goût très prononcé sur les énigmes. Et la psychologie de Lara dans les reboots est assez inexistante…
    J’ai hâte de lire ton épisode 2 de ces deux sagas en parallèle ! C’est vraiment passionnant à lire.

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    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Oui, je pense qu’en sachant à quoi t’attendre avec Uncharted, et en commençant par le début, tu apprécieras peut-être plus. En tout cas, peut-être plus que Tomb Raider^^ Encore merci !

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  5. Sacré article encore une fois. Je t’avoue que je pensais, naïvement, que la fameuse théorie comme quoi Uncharted et Tomb Raider se sont inspirés mutuellement était véridique. Comme quoi, à force d’entendre une rumeur se répéter, elle finit par devenir une vérité qui n’a pourtant rien de tangible. Je n’ai fini aucune des licences (ça fait partie de ma liste de rattrapages). Le côté Pulp de Nathan m’a rappelé que lorsque j’ai visualisé à nouveau le film La Momie j’ai trouvé que Brendan Fraser aurait pu faire un bon Nathan Drake. Il y a la même inspiration Pulp ne serait-ce que dans les costumes. (Enfin je digresse un peu mais c’était amusant de suivre ensuite tout le film avec Rick/Nathan à l’écran)

    Je garde quelques vagues souvenirs du reboot de Tomb Raider et je me souviens avoir surtout apprécié l’aspect survie et construction du mythe de Lara. Ne serait-ce que la scène où elle récupère les armes de Roth avec la petite pose rappelant la Lara du passé, toujours armée de ses doubles pistolets. Ces petits clins d’œil à la saga d’origine c’est toujours l’occasion de créer un petit sourire chez le joueur. Comme dans le second épisode où, dans un DLC se passant dans le manoir Croft, on peut trouver une lettre du majordome se plaignant que Lara l’enferme dans le frigo (le pauvre !)

    Je ne saurais pas dire quelle licence je préfère même si je pense qu’en l’accomplissant totalement je pencherais plus vers Uncharted. Comme tu l’as souligné, il y a cet aspect aventure décomplexée, l’humour de Nathan qui ne fait pas toujours mouche, ces petites surprises inattendues comme le passage presque survival-horror dans le premier épisode avec les maudits (c’était inattendu et bienvenue !) Lara j’ai plus de mal. Je trouve que le scénario essaie de se la jouer très sérieux mais reste très manichéen et un peu plat. L’identité du « Messie » dans le second épisode se voyait de si loin que lorsque Laura est surprise, ça tombe comme un soufflé. Et il y a cette ambivalence entre une Lara se lançant dans la violence qu’en dernier recours dans l’histoire mais qui trucide à tout va dans les phases de gameplay. Et comme tu le dis, les personnages secondaires sont bien moins marquants que dans Uncharted.

    D’ailleurs je crois qu’un projet de jeu Indiana Jones est sur les rails. Je me demande de qui on va dire qu’il s’est inspiré : de Lara ou de Nathan ?

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    1. Après, la théorie comme quoi ils s’inspirent mutuellement a, je pense, une part de vérité. Mais c’est devenu un cliché un peu caricatural et j’ai vraiment mis la casquette d’avocat du diable, pour cet article, ahah En tout cas, La Momie fait partie des films d’amour de mon enfance ! Pour le reboot, je suis partie avec des a priori car plusieurs fans de Lara, dans mon entourage, me l’avaient mal vendu. Mais j’avoue qu’il ne m’a pas paru transcendant, au final. J’avoue que j’avais du mal avec Uncharted avant, mais je garde finalement un bon souvenir du premier opus, et je me ferai certainement toute la saga, à l’occasion. Ah oui, mais j’attends le débat sur Indy de pied ferme !

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