Dossier #4 : (Mon) Histoire du RPG

III. Un genre victime de son succès ? [2007-2020]

The Witcher et Dragon Age

Quand on croit avoir fait le tour des plus grands RPG, c’est toujours loin d’être le cas. Et ce même si cet article n’est pas exhaustif. En 2007, un studio polonais (CD Projekt) s’inspire d’une série de romans pour créer un nouvel univers : The Witcher. Comme beaucoup, j’ai découvert la saga avec le dernier épisode de la trilogie : Wild Hunt. Que dire ? Si ce n’est qu’il s’agit sans doute du jeu qui m’a donné envie de posséder une PlayStation 4. Ma première immersion dans l’univers du Sorceleur, Geralt de Riv, fut incroyable. Si je ne devais retenir qu’une seule chose de The Witcher III, c’est l’intensité des quêtes annexes et même des DLC. Le jeu a des choses à raconter et il le fait très bien. The Witcher III est sans doute l’un de mes jeux vidéo favoris. Beaucoup de jeux se sont inspirés de son open world ou de sa narration, par la suite. CD Projekt devint un studio très prometteur qui, malheureusement, a connu des problématiques cuisantes avec Cyberpunk 2077. Je n’ai pas encore lancé ce jeu, dans l’espoir qu’il n’y ait un jour plus de nouvelles mises à jour !

Deux ans plus tard, en 2009, apparaît Dragon Age. Cette saga a été développée par BioWare, tout comme KOTOR ou Mass Effect, et cela a son importance. Si je n’ai joué qu’à Dragon Age : Inquisition (2014), j’ai été éblouie par la possibilité de personnaliser intégralement son héros ou héroïne. Les relations avec les autres membres de l’équipe sont particulièrement abouties dans la mesure où les romances ne sont pas possibles avec n’importe qui. Certains personnages ne sont compatibles qu’avec certaines espèces. Ils sont hétéro, bi ou homosexuels. Il faut reconnaître qu’il y a une très belle diversité dans Dragon Age : Inquisition. Krem, un PNJ, est par exemple un homme transgenre. Dragon Age : Inquisition est une magnifique aventure, permettant de voyager au sein de différentes zones semi-ouvertes, afin de détruire des failles vomissant des monstres. Il s’agit surtout du meilleur modèle de personnalisation et de relations virtuelles, à mes yeux.

Un aperçu de Dragon Age Origins, puis Inquisition. La première allure de Geralt, dans The Witcher

C’est en 2010 qu’apparaît Ni No Kuni. Tandis que Dragon Quest possède le style d’Akira Toriyama ; le dyptique Ni No Kuni emprunte la direction artistique du studio Ghibli. Autant vous dire que cela rend le jeu particulièrement joli et attendrissant.

On peut aussi parler des débuts de Nier. NieR : Automata sort quelques années plus tard, en 2017, et ses musiques me sont restées gravées en tête !

En 2017, une certaine partie des RPG sont des suites. Pourtant, Guerrilla Games lance un univers inédit : Horizon Zero Dawn. Les aventures d’Aloy se déroulent dans un monde post-apocalyptique, gouverné par les machines. La nature a repris ses droits tandis que les humains survivants ont retrouvé une vie dénuée de technologie, voire primitive. Bien qu’il soit loin d’être le premier jeu à adopter cette mécanique, Horizon Zero Dawn est appréciable car il permet d’éclaircir la map, au fur et à mesure qu’Aloy prend le contrôle de certaines machines.

Horizon Zero Dawn, Ni No Kuni et NieR Automata

Le RPG, souvent imité, pas toujours égalé

En 2017, Assassin’s Creed, la saga d’action et d’infiltration, décide de s’orienter vers le genre du RPG. Ce n’est pas une décision anodine, dans la mesure où, aujourd’hui, le RPG est tellement populaire que la majorité des jeux lui empruntent des codes.

Beaucoup de jeux donnent la possibilité aux joueurs et joueuses de personnaliser le protagoniste ou de le faire évoluer, avec un arbre de compétences. Énormément de titres se déroulent désormais dans un monde ouvert. Le RPG n’a jamais eu le monopole de l’open world, certes, mais même pour lui, les cartes sont de plus en plus énormes. Cette évolution est logique car les progrès technologiques permettent le développement d’univers de plus en plus vastes et immersifs. Les joueurs et joueuses adorent s’approprier l’aventure en personnalisant leurs personnages ou en expérimentant des choix ayant des conséquences. Mais il y a plusieurs conséquences à cela. Il devient parfois difficile de définir quel jeu est un RPG, ou non. Ghost of Tsushima est considéré comme un jeu d’action/aventure, et pourtant… ! Par ailleurs, beaucoup d’open worlds et quêtes annexes ne sont pas maîtrisés. Leur absence de richesse ou de diversité rallonge la durée de vie des jeux, de manière artificielle. Initialement, le RPG n’est pas un genre qui plaît à tout le monde car il est, par définition, très chronophage. Mais si les tâches à réaliser sont inintéressantes, répétitives, et surtout, si la plupart des jeux empruntent des mécaniques aux RPG, sans raison apparente ; je comprends que certains joueurs et joueuses commencent à se lasser. Et ne parlons pas des collectibles qui, souvent, perdent de vue l’objectif d’enrichir le background, pour simplement remplir artificiellement l’open world ou la durée de vie… En définitive, le RPG devient parfois victime des progrès de la technologie ainsi que de son propre succès.

Ichiban Kazuga : un nouvel espoir ?

Heureusement, en 2020, une saga montre qu’elle peut s’essayer au genre du RPG avec intelligence, raison et efficacité. Il s’agit de Yakuza. Yakuza : Like a Dragon suit les aventures d’un héros inédit : Ichiban Kazuga. Le jeu est doté d’une harmonie ludo-narrative intéressante. Ichiban est un grand amoureux de la saga Dragon Quest, c’est pourquoi il voit les affrontements comme des combats au tour par tour, et les ennemis comme des adversaires clichés du JRPG. Le jeu est à la fois une parodie délicieuse et un hommage vibrant envers Dragon Quest ou les JRPG, en général. Je me souviendrai toujours du donjon final, disponible dans le post-game. Long, ardu, il exige beaucoup d’entraînement et une persévérance infaillible pour en venir à bout. Yakuza : Like a Dragon revient aux sources des JRPG, à une époque où on ne sait même plus ce qu’est un RPG ou non. Et cela fait un bien fou ! La boucle est bouclée.

A gauche et à droite, Ichiban a tout compris aux RPG (Yakuza : Like a Dragon). Au centre, Assassin’s Creed Origins insère beaucoup de mécaniques de RPG

Conclusion

J’espère que ce retour dans le temps vous a permis, autant que moi, de faire le point sur la vraie définition du RPG et de ses sous-genres. J’ai abordé beaucoup de titres, parce qu’ils ont marqué l’histoire du RPG, et surtout ma vie de joueuse. Il y a bien sûr beaucoup de franchises, très réputées, dont je ne suis pas familière et qui manquent cruellement à cette chronique. Si vous souhaitez les mentionner en commentaires, pour alimenter cet article ; j’en serais la première heureuse. Cette histoire du RPG fut conçue à partir de différentes sources, à commencer par Wikipédia et l’article de Psyche Clic. Si vous souhaitez avoir des aperçus en vidéo des premiers RPG, et surtout plus de détails, je peux aussi vous orienter vers la vidéo d’Edward. Cet article est aussi fortement agrémenté de mon vécu personnel, avec le genre. Enfin, j’aimerais remercier Anthony et Benji, pour leur soutien en terme d’écriture et de graphisme, et dont vous retrouverez le savoir-faire avisé sur Pod’Culture.

Les RPG sont les jeux que je trouve les plus immersifs. J’adore me jeter à corps et âme dans un univers, et ce pendant longtemps. Bien sûr, mon emploi du temps fait que je peux me le permettre ; mais il est aussi très agréable d’avoir une influence sur ses personnages, voire parfois même sur l’intrigue, comme si nous écrivions notre propre histoire. (Ce n’est pas un hasard si j’aime presque autant les jeux narratifs). J’aime résoudre les quêtes annexes, afin de compléter tout ce qui peut l’être, dans chaque parcelle de la carte. J’aime les paysages enchanteurs et les musiques souvent envoûtantes. Somme toute, les RPG ont eu un fort impact sur ma vie de joueuse et cela n’est guère près de changer.

The Outer Worlds est l’hériter de Fallout, The Witcher III est indétrônable et Tales of Arise est sorti il y a quelques mois

I. Les origines du RPG [1970-1992]II. L’arrivée de la 3D et l’essor des RPG [1994-2004]III. Un genre victime de son succès ? [2007-2020]

16 réflexions au sujet de « Dossier #4 : (Mon) Histoire du RPG »

  1. Quel article ! J’adore jouer à des RPG mais bizarrement, ma liste de jeux du genre n’est pas conséquente. Certains ne m’intéressent pas des masses je dirais. Mais j’en ai testé quelqu’un grâce à Playstation mag que ça soit des obscures (The Granstream Saga… il était pas ouf ouf mais je ne sais pas pourquoi, j’aimais bien y jouer à la démo) ou d’autres qui m’ont marquée comme Jade Cocoon et Legend of Dragoon… juste pas leur démo. C’est fou quand même.
    Bon, je pense que tu me connais à force et que tu sais que Final Fantasy fait partie intégrante de ma vie (depuis plus de 20 ans). Moi aussi, lorsque j’entends le thème de la saga, je ressens une telle émotion. Les frissons et la boule à la gorge sont au garde à vous.

    Il y a pas mal de choses que je savais concernant le RPG (déjà Donjons et Dragons je connaissais bien que je n’y ai jamais joué) mais ça fait plaisir de lire un telle rétrospective afin d’en apprendre plus ou de rafraîchir la mémoire. Et le fait que tu y rajoutes ton expérience personnelles avec le genre rends l’article authentique et vivant. Merci ♥

    Aimé par 1 personne

    1. Et oui, je sais que tu aimes Final Fantasy autant que moi ! J’ignorais en revanche que tu n’adhérais pas plus que cela à d’autres RPG. Et j’admets ne pas connaître ceux que tu as mentionnés. Merci à toi d’avoir pris le temps de me lire et de me donner ce bel avis 😀

      Aimé par 1 personne

      1. Ben c’est pas que j’adhère pas mais y en a qui ne m’intéressent pas plus que ça comme les occidentaux par exemple (après je suis pas mal intéressée par The Witcher… ouais j’y ai jamais touchée encore ^^’).

        Au plaisir 😉 !

        Aimé par 1 personne

  2. Bravo pour ce magnifique dossier, c’est très cool de le diviser en plusieurs parties d’ailleurs. Le RPG demeure un genre complexe malgré tout, et très évolutif au regard des nouveaux enjeux narratifs que les développeurs cherchent à relever, les technologies de l’image qui ne cessent d’évoluer, etc. C’est marrant, car ton histoire personnelle des RPG est très proche de la mienne. On a essentiellement joué aux mêmes jeux ^^.

    Et bizarrement, même si j’aime les RPG (occidentaux ou d’influence nippone) je me rends compte que j’y joue de moins en moins. Sûrement qu’inconsciemment je ne suis plus prêt à sacrifier des centaines d’heures pour un seul jeu de ce type-là. Je crois que ce sont les RPG Ubisoft qui m’ont rebuté à la base (les Assassins Creed et Far Cry notamment).

    Aimé par 1 personne

    1. Tout d’abord, merci pour ton commentaire ! Il devient effectivement difficile de distinguer le pur RPG du jeu qui emprunte juste énormément de mécaniques au genre, aujourd’hui. Ah c’est drôle qu’on ait autant de jeux en commun ! C’est clair que cette omniprésence des RPG ou RPG-like commencent à en rebuter plus d’un, déjà que, de base, le genre est extrêmement chronophage. Moi-même je mets plus de temps à faire mes jeux depuis que ma vie privée a évolué, j’essaie donc de les choisir avec attention. Certes, j’adore toujours autant ce genre mais le temps n’est pas extensible ! Surtout quand on aime les Platine (a)

      J’aime

  3. Je t’ai déjà dit de vive voix tout le bien que je pensais de ce dossier mais je le répète encore ici ! 🙂 (Ah, les RPG par forums, souvenirs souvenirs…. mais oui, c’est l’impression de créer sa propre histoire qui est le coeur du RPG !) Comme toi, même si j’en ai fait beaucoup moins, j’ai beaucoup d’affection pour certains RPG, dont les longues heures de jeu donnaient vraiment l’impression de plonger dans un autre monde, une autre Histoire, en créant sa propre destinée. Je me souviens des heures d’enfance sur Pokémon Argent et Rouge, mais j’aurais du mal à y retourner aujourd’hui ! Par contre, Final Fantasy VIII est vraiment un chouchou d’enfance et il a toujours marqué ma vie de gameuse, comme les autres FF en général ont toujours un peu nourri mon imagination. Et puis, The Witcher 3 est comme toi un des jeux qui m’a fait plonger dans le RPG et vers la Playstation 4, grâce à toi d’ailleurs ! Dragon Age Inquisition est aussi un excellent souvenir avec sa centaine d’heures de jeu, toujours en épique, quêtes variées et personnages plus intéressants les uns que les autres.
    Découvrir l’histoire du RPG et JRPG (et leurs différences) est passionnant au fil de ton article, et surtout enrichissant, de sa naissance aux différentes évolutions graphiques et techniques. Je recroise des noms de jeux légendaires comme Secret of Mana ou Valkyrie Profile, dont j’avais beaucoup écouté les OST plus jeune aussi ! Et même si je n’ai pas adhéré autant que toi à Yakuza : Like a dragon, j’espère qu’il permettra un renouveau du RPG avec un bel équilibre. Si tu me donnes envie de découvrir Fallout, je suis curieuse de découvrir aussi des RPG qui changent de l’atmosphère médiévale ou futuriste à l’avenir, comme la suite d’Horizon ou Steelrising (même si je crois que finalement ce sera plus orienté action), simplement pour changer d’atmosphère. De mon côté, côté RPG, je ne peux que recommander Greedfall, qui essaye d’atteindre Dragon Age sans y arriver, mais qui est fortement dépaysé et axé sur les relations avec les personnages aussi. Cyberpunk, évidemment, je sais que tu y joueras aussi, et à sa manière il est assez immersif aussi, sans atteindre The Witcher ! Bon, de mon côté c’est paradoxal, car je sais que si j’aime le genre, je n’ai pas toujours le courage d’y consacrer autant d’heures qu’il serait souhaitable. Mais le jeu en vaut souvent la chandelle !

    Aimé par 1 personne

    1. Et merci encore pour le compliment 🙂 Les RPG ont marqué la ps1 avec Final Fantasy, la ps2 avec Kingdom Hearts,… Je n’ai pas eu la ps3 mais je pense que le Harry Potter, et plus sûrement le KOTOR risquent de marquer la ps5. Quant à la ps4, il y en a eu tellement, à commencer par The Witcher… Oh bah certains RPG te plairaient oui. Si tu as peu de te lancer dans Fallout 4 qui est chronophage, commence donc par The Outer Worlds qui est très court pour un RPG.

      Aimé par 1 personne

  4. Pour ne pas changer : c’est un superbe article que tu nous offres là. J’aime beaucoup ton approche. C’était très malin de mêler la présentation du genre à ton vécu personnel, ça rend la lecture d’autant plus intéressante qu’elle permet d’en apprendre plus sans se cantonner à une présentation presque « scolaire ».

    Comme tu le sais, je ne suis absolument pas calé niveau RPG. Si je connais la plupart des noms que tu as évoqués, je n’ai joué qu’à très peu d’entre eux. Et le cas échéant, je n’ai pas du tout aimé. Je pense notamment à Final Fantasy, que j’avais testé à l’époque de la PS1 et auquel j’ai relaissé une chance à la sortie de FF7 Remake en testant la démo, sans succès. Il y a aussi Fallout 4, dont j’avais regardé un let’s play quasi complet qui ne m’a pas du tout passionné.
    Cela dit, je pense que l’explication à ce manque d’affect de ma part est assez simple. N’étant pas le plus grand fan des univers médiévaux ou fantasy, je pars avec un sacré malus. J’attends tout de même avec impatience la version PS5 de The Witcher 3, pour voir si j’arriverai enfin à dépasser ça. Après tout, à la base, je pensais ne pas adhérer à Horizon Zero Dawn, et on a vu le résultat haha.

    Malgré tout ça, je ne peux que rejoindre ton constat vis-à-vis de la surexploitation du genre aujourd’hui. Beaucoup de jeux « ternissent » l’image du RPG en usant et abusant de ses mécaniques à mauvais escient. Je pense notamment aux jeux d’action-aventure, dont la norme est désormais d’inclure coûte que coûte des mécaniques dites « light-RPG » qui, parfois, n’apportent rien de pertinent… mais font gonfler la durée de vie artificiellement. C’est bien dommage.

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’ai pas réussi à me décider entre un mini cours sur le RPG et une lettre d’amour avec mes souvenirs, j’ai donc en effet tenté de concilier les deux. C’est vrai que, connaissant tes goûts, je ne me risquerai pas à te conseiller tel ou tel RPG. Dans les productions à venir, le Star Wars KOTOR et le Harry Potter enverront certainement du lourd. Il est en effet regrettable que les jeux vidéo soient comme les block busters actuellement. On reprend inlassablement la même recette, jusqu’à l’écœurement. Enfin, on généralise mais il reste d’innombrables pépites 🙂

      Aimé par 1 personne

  5. Merci pour cette belle replongée dans les RPG ! Un genre vers lequel je finis toujours par revenir dès que le temps me le permet, sûrement grâce à ses univers variés et surtout à sa brochette de personnages (je peux me focaliser des heures sur les quêtes dédiés aux membres de l’équipe, plutôt qu’au récit principal). Le petit interlude sur le jeu de rôle a ravivé pas mal de souvenirs (que ce soit en tant que joueuse ou administratrice de ces univers temporaires). ça ne rajeunit pas !

    Aimé par 1 personne

      1. Oui pendant des années (rien que 6 ans sur un forum et les multiples forums que j’ai écumés. ça rajeunit pas du tout !) Et je t’en prie pour les commentaires. Je lis tes articles pendant ma pause au boulot mais il faut ensuite que je prenne le temps de coucher par écrit mes impressions.

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s