Final Fantasy VII a-t-il trouvé la recette du bon Remake ?

Si Final Fantasy VII (1997) a marqué les mémoires, c’est parce qu’il s’agit du premier opus de la franchise avec des graphismes 3D. D’autre part, son succès fut si retentissant qu’il contribua à celui de la PlayStation 1, ou de l’exportation des JRPGs dans le monde. 23 ans après, (et 6 ans après la première annonce du projet), paraît Final Fantasy VII Remake. Malgré des partis pris qui auraient pu rebuter les joueurs, à commencer par le choix de proposer un Remake en plusieurs épisodes, le jeu rencontre un franc succès.

Plus qu’une comparaison entre les deux jeux, ou un test, cet article a pour vocation de chercher les ingrédients qui composent – ou non – un bon Remake. A une époque où lesdits Remakes ou simples Remastérisations sont légion, cette question me semble pertinente. Tantôt fidèle à l’œuvre originale, tantôt révolutionnaire, Final Fantasy VII Remake est le jeu adéquat pour nourrir cette réflexion. Il revendique son caractère hybride et en fait sa force. Cela se traduit par des combats très nerveux et pleins d’action, réservant toutefois une place majeure à la stratégie, en hommage au tour par tour de l’épisode original. Alors que celui-ci était réputé pour son monde ouvert, Final Fantasy VII Remake peut davantage être qualifié de jeu couloir, ce qui ne l’empêche pas de proposer des zones plus ouvertes où tu peux aller et venir librement, afin de réaliser des quêtes annexes. Si le gameplay est ambivalent, il en va de même de l’intrigue. Pour mieux comparer les deux jeux, j’en aborderai des points cruciaux. Je n’ai pas envie de parler de spoilers, pour une histoire initialement sortie en 1997. En revanche, le dénouement de Final Fantasy VII Remake mérite d’être découvert et savouré, aussi te préviendrai-je lorsque je commencerai à le mentionner.

Beaucoup de joueurs semblent admettre que l’ingrédient majeur d’un bon Remake est la fidélité par rapport au jeu original. Final Fantasy VII Remake se focalise exclusivement sur Midgar. Soit. Une fois ce postulat accepté, les joueurs se sont attendus à une cité offrant le même contenu que dans le jeu original, et même davantage. Les ajouts sont, sans surprise, plus tolérés que les retraits. La question est probablement encore plus délicate pour les modifications, car tout dépend de la manière dont elles sont menées. Que l’on se rassure, Final Fantasy VII Remake est très respectueux du jeu original. Je vais aborder les points où le Remake se montre particulièrement fidèle, avant de m’attarder sur des partis pris qui gâtent l’expérience de jeu, d’après moi. Pour finir, nous aborderons les ajouts ou modifications qui m’ont paru efficaces. Avant tout, voici un portrait des personnages, où tu n’apprendras pas grand chose, si tu es féru(e) de Final Fantasy VII.

Ingrédient n°1 : Les personnages

Qui est Cloud Strife ?

Cloud est le protagoniste de Final Fantasy VII. (Petits personnages trouvés sur http://www.millenium.us.org).

Final Fantasy VII t’invite à rejoindre un groupe éco-terroriste baptisé Avalanche, afin de nuire à la Shinra, une organisation exploitant la Mako, l’énergie vitale de la planète, dans le but de produire de l’électricité ou des armes. Au delà de ce propos politique, Final Fantasy VII se concentre sur un panel de personnages qui sont devenus iconiques, au fil des années, à commencer par Cloud Strife. Il s’agit d’un ancien SOLDAT devenu mercenaire, et suivant le groupe Avalanche un peu malgré lui. Cloud semble posséder un passé assez nébuleux, mis en exergue dans le Remake. Il est souvent en proie à des migraines ou à des délires hallucinatoires, mettant notamment en scène un certain Sephiroth, le Nemesis de Cloud et plus largement du jeu. L’onomastique est assez intéressante dans Final Fantasy VII. D’après Final Fantasy Dream, Cloud signifie « nuage » et Strife « conflit ». Le verbe « to cloud » signifie « assombrir ». D’après le site, cela correspond à l’idée « d’un esprit embrumé constamment en conflit. »

Compagnons jouables : Tifa, Aeris et Barret

Protagoniste réservé et méfiant par nature, Cloud apprendra progressivement à s’ouvrir grâce à son amie d’enfance, Tifa Lockheart (littéralement, celle qui verrouille son cœur et dissimule ses sentiments vis-à-vis de Cloud), ainsi qu’à une mystérieuse marchande de fleurs : Aeris Gainsborough. Le prénom Aeris a des origines latines qui renvoient à l’air, un élément en harmonie avec les nuages, mais aussi avec le caractère de la Cetra.

Oublie toute notion de délicatesse ou de subtilité concernant Barret. Son prénom, celui d’un fusil, ne fait pas seulement référence à l’arme greffée à la place de son bras droit. Barret est un homme extrêmement bourru et impulsif. Il peut diviser les joueurs, il ne m’en a pas moins marquée dans le Remake. Durant la première partie du jeu, et même davantage, il est difficile de ne pas le trouver agaçant, à force de l’entendre râler et crier, à tout bout de champ. Le potentiel comique de Barret se révèle peu à peu, son manque de subtilité et de discrétion plongeant l’équipe dans des situations délicates. Barret se révèle également être un homme de principes, aimant par dessus-tout sa petite fille : Marlène. (Ce qui ne l’empêche pas de l’abandonner pour aller « sauver la planète »). Derrière son comportement bourru se cache un grand cœur.

Tels sont les quatre personnages jouables. Tu peux les trouver stéréotypés, à juste titre. Final Fantasy VII Remake ne cherche pas à renier l’empreinte laissée par les années 90, en témoigne un humour parfois caricatural, mais qui peut aussi charmer, pourvu qu’on se laisse emporter par l’univers du jeu. Le rire machiavélique d’Heidegger, chargé de la sécurité de la Shinra, en est un parfait exemple.

Et les autres, alors ?

Seulement la moitié de l’équipe originale est jouable. Pour cause, l’histoire de Final Fantasy VII Remake ne correspond qu’à un tiers du premier CD du jeu de base. On peut se consoler en se rappelant que les deux autres CDs étaient nettement plus courts, mais voilà qui interroge, d’autant que Square Enix ne semble pas encore parfaitement décidé vis-à-vis du nombre de suites à ce Remake (qui pourrait devenir une trilogie). Ce premier découpage n’est pas dénué de sens dans la mesure où l’histoire prend place exclusivement à Midgar, la cité la plus importante du jeu, qui tient d’ailleurs son nom du royaume des hommes, dans la mythologie nordique. On peut aussi se consoler en rencontrant Red XIII, dans les deniers chapitres, bien que le canidé ne soit pas jouable. S’il n’y a aucune trace de Cid, Vincent ou Yuffie, on remarque un brève apparition de Cait Sith, bouleversé par la destruction du taudis du secteur 7.

Ingrédient n°2  : La fidélité au matériau de base

Respect de la trame de l’histoire

Une image iconique.

Final Fantasy VII Remake a pour vocation d’être fidèle au jeu original. Un certain nombre de chapitres du Remake sont une adaptation directe des péripéties de la version de 1997. L’histoire débute, sans surprise, dans le réacteur Mako numéro 1, que Barret à l’intention de faire exploser, avec l’aide des membres de l’équipe Avalanche et d’un mercenaire : Cloud. Ainsi, le premier boss de chaque jeu est le Scorpion géant, une des nombreuses machines dévastatrices construites par la Shinra. (C’est d’ailleurs ce passage qui avait été sélectionné pour la démo). Bon nombre d’ennemis de Final Fantasy VII sont fortement influencés par le profil cyberpunk du jeu. Si tu souhaites en savoir davantage sur ce genre, je te renvoie à l’article d’Hauntya sur le sujet.

Parmi les chapitres les plus fidèles, on peut mentionner le chapitre 3, qui permet de découvrir le Septième Ciel, le bar servant de quartier général à Avalanche. Ce chapitre dévoile également la capacité du Remake à proposer des zones plus ouvertes, jonchées de quêtes annexes.

Je ne sais pas pourquoi, mais les premières aventures avec Aeris, lorsque Cloud est séparé du groupe, m’avaient particulièrement marquée dans le jeu original. Il était donc émouvant de redécouvrir, dans le chapitre 8, l’église (avec son parterre jonché de fleurs) puis la fuite dans le secteur 6, remarquablement fidèles. Il est difficile de ne pas s’attendrir lorsqu’on constate que le Remake reprend même certains « mini-jeux », comme lorsque Cloud doit quitter la maison d’Aeris, en silence, afin de ne pas attirer son attention. C’est d’ailleurs les aventures avec Aeris qui permettent d’introduire les TURKS, investigateurs de la Shinra, parmi lesquels on peut compter Rude et Reno. Le Remake se plaît à à les développer, à la manière d’un certain Advent Children.

Approfondir sans trahir

Cloud, Tifa et Barret observent un monde en ruine.

L’un de mes passages préférés, si ce n’est le meilleur à mes yeux, est le chapitre 9 du Remake, permettant d’explorer le « Quartier des désirs ». Wall Market est plus vivant que jamais et différent à certains égards. Les lieux regorgent toutefois de références au jeu original, par le biais des décors, des PNJs ou de certaines quêtes. Une des quêtes annexes, (déblocable à certaines conditions), amène à rencontrer le père désillusionné d’un vendeur, pour obtenir quelque chose. On retrouve les défis contre les athlètes du gymnase où encore le PNJ qui bloque les toilettes et qui a besoin d’un digestif, pour ne citer que cela.

Ce chapitre aboutit à la rencontre avec Don Cornéo, qui était déjà un porc dans le jeu de base, et qui n’est pas en reste dans le Remake. Celui-ci recherche activement des concubines et Cloud doit se déguiser en femme, afin d’infiltrer le manoir de Don Cornéo. En 2020, on est en droit d’être frileux vis-à-vis de l’adaptation de ce passage, qui peut se montrer maladroit vis-à-vis du traitement des femmes, ou même du travestissement. En ce sens, il est heureux que le Remake ait su approfondir ces questions, sans supprimer ou trahir cet aspect du récit. Mais nous y reviendrons plus tard.

D’autres chapitres sont très fidèles, à l’instar du douzième qui retranscrit l’ascension du Pilier du secteur 7.

Les péripéties de nos héros les mèneront, sans surprise, jusqu’aux locaux et laboratoires de la Shinra. S’ils n’auraient pas dû affronter une version de Jenova si tôt, le duel sur les toits, contre Rufus, le fils du Président Shinra, est très fidèle. Celui-ci est armé d’un fusil et accompagné de Nation Noire, son menaçant animal de compagnie.

Mise à jour des graphismes et de la musique

Il est incroyable de redécouvrir ces personnages avec autant de détails.

Comme tu t’en doutes, il est fascinant et parfois même émouvant de retrouver des aventures si choyées, sublimées par des environnements et des graphismes à couper le souffle. L’expérience est rehaussée par les réorchestrations et les remix des musiques originales. Celles-ci sont vraiment excellentes, à commencer par The Oppressed : Beck’s Baddasses & Due Recompense.

En fait, le seul reproche que je pourrais faire à la fidélité de ce Remake est la présence d’arrière-plans, dans certains environnements, qui sont ni plus ni moins des images sans relief et en basse résolution. Je pense notamment à la vision du dessus du bidonville, dans le chapitre 6. Cela rappelle presque les arrière-plans du jeu de 1997. On pourrait croire que c’est volontaire (ce dont je doute), mais dans tous les cas, le contraste avec la résolution des autres graphismes est assez ridicule. Or, voilà qui m’amène à évoquer les défauts de Final Fantasy VII Remake.

Ingrédient n°3 : Écueils à éviter

Du beurre étalé sur une tartine trop grande

Barret lui-même est fatigué des ruines et dédales.

Le principal reproche que je peux faire à Final Fantasy VII Remake est la longueur de certains chapitres, qui n’ont pas grand chose à raconter. Il était périlleux de proposer un jeu se déroulant exclusivement à Midgar, mais devant néanmoins posséder une durée de vie honorable. Sans surprise, le beurre a parfois été étalé sur une tartine trop grande. J’aimerais dire que cela est anecdotique, mais plusieurs des chapitres, parmi les 18 existants, n’étaient pas nécessaires, ou du moins trop longs. Je tiens à préciser que ces longueurs ne m’ont pas gênée à l’extrême, car je garde un souvenir positif de ce Remake, mais il serait malhonnête de nier leur artificialité.

Je ne suis, de base, pas fan des jeux couloirs, surtout lorsque ceux-ci sont aussi directifs et grisâtres que dans certains recoins poisseux des réacteurs de Midgar. Par exemple, le chapitre 5 est réservé au trajet qui relie la gare du secteur 7 au réacteur Mako numéro 5. On pourrait rétorquer que ce trajet semé d’embûches existait aussi dans le jeu original. D’autre part, le chapitre 5 permet de développer les personnages ou les agissements de la Shinra, laquelle ne se soucie guère de lâcher des expériences dangereuses dans la nature. Au reste, le chapitre tire en longueur et n’est surtout pas un cas isolé.

Il faudra pas moins de deux chapitres supplémentaires pour venir à bout de ce fameux réacteur Mako numéro 5. Certes, il est intéressant de découvrir la structure et l’utilité des réacteurs, alimentant les « soleils » des bidonvilles se trouvant dessous, mais le dédale métallique devient parfois interminable, surtout lorsqu’il est question de réduire les défenses d’un boss, le Briseur de l’air, avant d’aller l’affronter. Le Remake essaie de faire monter la tension avant la confrontation contre un boss du jeu initial, et c’est tout à son honneur. Or, non seulement cela est long, mais cela décrédibilise un peu l’aptitude de la Shinra à réagir face à l’ennemi.

Le chapitre 11, se déroulant dans le cimetière de trains, propose une ambiance nettement plus oppressante et fantastique que dans l’original, ce qui ne l’empêche pas de tirer en longueur. Les deux derniers chapitres « de trop » pourraient être le 13, permettant de découvrir les activités souterraines de la Shinra, en secourant Wedge, et le 15, consistant à faire l’ascension des ruines pour rejoindre la Tour Shinra. Le treizième chapitre prend le risque de donner un sentiment de redite lorsqu’on découvre les vrais laboratoires de la Shinra. Le quinzième chapitre est un niveau vertical assez fun mais pas fondamentalement nécessaire.

Quid des invocations ?

Bahamut n’est accessible que dans la dernière simulation de combat.

Enfin, j’ai deux regrets qui ne concernent pas la structure des chapitres. Le premier est assez inoffensif. Même si la quête d’invocations n’était pas particulièrement mise en valeur dans la version de 1997, je regrette que le principal moyen de remporter des Espers soit en les affrontant dans des simulations de combat, grâce à un PNJ inédit appelé Chadley. Ainsi, certains d’entre vous ont aisément pu passer à côté de Shiva, de Gros Chocobo, et surtout de Leviathan ou Bahamut. Le pire consiste sans doute à devoir investir dans du contenu supplémentaire pour obtenir Poussin Chocobo, Pampa ou Carbuncle.

Le cas Sephiroth

Sephiroth se plaît à hanter l’esprit de Cloud.

Mon dernier reproche va peut-être diviser, mais qu’importe. Au fil des années, Sephiroth est devenu iconique. Envisager un Remake sans le mettre à l’honneur était inconcevable, même s’il ne s’agissait que du début de l’intrigue. Je le conçois tout à fait. D’ailleurs, Sephiroth se montre aussi charismatique qu’énigmatique. Il est difficile de savoir quand il apparaît réellement, ou non. Mais en dépit d’un fan service très efficace, je regrette qu’il soit aussi présent, ou plutôt montré de manière aussi explicite.

Un Nemesis devient particulièrement oppressant et iconique lorsqu’il apparaît avec parcimonie, ou joue l’arlésienne pendant une grande partie du récit. Je dirais même que c’est cela qui a rendu le Sephiroth original aussi mythique. Que l’on se rassure, l’ennemi de Cloud n’est pas omniprésent dans le Remake, mais il apparaît à de nombreuses reprises, notamment dans la Tour Shinra, qui propose des moments nettement moins oppressants.

Dans le jeu original, contrairement au Remake, le Président Shinra parvient à faire enfermer Cloud et ses amis. C’est après s’être échappé de sa cellule que Cloud constate que les gardes sont morts. Le joueur doit suivre une traînée de sang, dans plusieurs couloirs et étages, avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Le Président Shinra a été transpercé par une longue épée. C’est Palmer, un responsable de la Shinra, qui raconte que Sephiroth a tué le Président. Dans le Remake, on voit explicitement Sephiroth tuer ce dernier. Ce qu’on ne montre pas peut être nettement plus anxiogène. On sacrifie ces sentiments de tension et de mystère au profit du sensationnel.

Ingrédient n° 4 : Des rebondissements inattendus

Approfondissement du contexte politique

Le groupe Avalanche est prêt à tout pour sauver la planète.

Si Final Fantasy VII Remake n’est pas exempt de défauts, le jeu regorge de qualités indéniables et utiles à la confection d’un bon Remake. Ce n’est pas parce qu’un chapitre n’existe pas dans le jeu initial ou est plus long, qu’il est mauvais. D’ailleurs, tous les chapitres évoqués précédemment possédaient quelques atouts.

Parmi les péripéties inédites et efficaces, je peux citer le chapitre 4, consistant à partir en mission en compagnie de Jessie, Biggs et Wedge. Le chapitre en question débute par un mini-jeu en moto, inspiré du jeu original, mais proposant un boss inédit : Rochey, un SOLDAT fou des escapades motorisées. Par-dessus tout, cette virée nocturne permet de développer les trois membres d’Avalanche, à commencer par Jessie, dont le père travaillait pour la Shinra, avant de tomber malade à cause des activités de l’organisme. Non seulement cela permet d’avoir un nouvel aperçu des conséquences néfastes des agissements de la Shinra, mais cela rend également le jeu moins manichéen. Le père d’une des membres d’Avalanche travaillait pour la Shinra et en est toutefois une victime.

Cela m’amène à dire que Final Fantasy VII Remake permet d’approfondir le contexte politique, et de le rendre à la fois plus subtil et plus clair. Il est intéressant que cela ne passe pas exclusivement par la narration mais aussi par le level-design. Comme dans le jeu initial, il faut gravir bon nombre d’étages de la Tour Shinra pour espérer sauver Aeris, ou atteindre le Président. L’un des étages contient une exposition donnant des informations sur Midgar, l’énergie Mako, ou la Shinra elle-même. Naturellement, l’exposition en question ne tarit pas d’éloge à l’égard de la Shinra.

C’est très habile car, au fil des chapitres, le jeu nous propose d’épouser plusieurs regards. Cloud est relativement neutre. Les membres d’Avalanche sont prêts à tout pour faire cesser l’exploitation du Mako et sauver la planète. Mais certains sont plus modérés que d’autres. Barret est, sans surprise, particulièrement intransigeant, tout en admettant qu’il a lui-même cru, un jour, que la Shinra était utile et salvatrice. Avalanche a beau être un groupuscule écologiste, armé de bonnes intentions, leurs actes terroristes ne sont pas minimisés. Afin de rendre les protagonistes plus héroïques, on insiste toutefois sur le fait que la Shinra rend les actions d’Avalanche encore plus destructrices, au point de mettre en danger les populations. Cette manipulation permet à la Shinra de décrédibiliser Avalanche tout en continuant à asseoir son pouvoir sur Midgar. Tous les membres de la Shinra ne sont pas diabolisés pour autant. Certains ne sont que des employés qui ont besoin de leur travail pour subsister. Il n’est pas étonnant qu’ils croient en la Shinra dans la mesure où celle-ci garantit de la lumière et de l’énergie au peuple. Le citoyen lambda n’est pas prompt à sacrifier tout son confort, en vue de la destruction seulement hypothétique de la planète. On a vu combien la Shinra était manipulatrice. Les responsables de l’organisation sont des êtres dangereux et immoraux. J’ai déjà mentionné plusieurs membres de l’organisation, mais je pense aussi à Hojo, le savant fou qui s’amuse à réaliser des expériences sur les créatures et êtres humains. Les expériences de la Shinra ont eu de lourdes répercussions sur Cloud, Red XIII, sans parler de Sephiroth.

Un mercenaire en robe

« Perfection. »

Outre l’approfondissement des différents clans politiques, Final Fantasy VII Remake donne plus de vie à Midgar et à ses différents quartiers. J’ai eu, comme je l’ai dit plus tôt, un véritable coup de cœur pour Wall Market. On aurait pu craindre que le jeu devienne maladroit au moment où Cloud doit se travestir pour atteindre Don Cornéo, pervers par excellence. Or, cette partie de l’intrigue est relativement bien amenée. Pour commencer, on sent que le Quartier des désirs est assez libéré, en terme de sexualité et d’expression de genre, bien que rien de cela ne soit évoqué de manière explicite. Par exemple, l’un des PNJs, Juju, est clairement un travesti voire une femme transgenre. Personne n’émet la moindre réflexion sur son apparence. Il s’agit même du personnage le plus respecté dans le gymnase, pourtant rempli d’athlètes bodybuildés. Gagner contre Juju, dans certains mini-jeux, n’est d’ailleurs pas une mince affaire.

Pour la scène du relooking de Cloud en jeune femme, le Remake introduit un personnage inédit appelé Andrea. Celui-ci possède un look et un comportement vis-à-vis de Cloud, non anodins. L’ancien SOLDAT doit danser avec lui, dans une scène digne d’une comédie musicale, afin d’obtenir son aide. Cloud est alors relooké, sans pour autant être ridiculisé par la mise en scène ou les autres personnages. D’ailleurs, on sent Cloud embarrassé, mais pas plus que cela. Andrea le rassure en prononçant les mots suivants : «  La véritable beauté vient du fond du cœur. Écoute, Cloud. Être un homme ou une femme n’a aucune importance. Abandonne tes craintes, et avance. »

Cloud peut donc rejoindre Tifa, en compagnie d’Aeris, dans le manoir de Don Cornéo. Dans le jeu initial, Cloud ne pouvait être choisi par le bandit qu’en endossant une robe et des accessoires déterminés. Je trouve habile que, dans le Remake, Don Cornéo choisisse forcément Cloud. Non seulement cela permet d’éviter de placer Aeris ou Tifa dans la chambre d’un pervers, (non pas qu’elles soient sans défense). Mais en plus, cela ridiculise vraiment Don Cornéo, qui ne se rend même pas compte de la supercherie.

Je ne sais pas si le jeu est un exemple de féminisme, dans la mesure où, à l’instar des autres personnages, Aeris et Tifa sont assez stéréotypées. Elles n’en demeurent pas moins talentueuses et indépendantes. On peut d’avantage les incarner que dans la version de 1997.

Explication d’un dénouement inédit

Cloud est confronté à son destin.

Mais les ajouts les plus essentiels du Remake concernent le dénouement. Le chapitre final est complètement inédit, ce qui semblait nécessaire pour que ce premier épisode soit relativement indépendant. Pourtant, il est difficile d’imaginer une conclusion aussi épique et intrigante. Si tu as envie d’y jouer, prends garde aux spoilers.

Contrairement au jeu original, le Remake intègre tout au long de l’histoire la présence d’entités mystérieuses : les Fileurs. Tantôt menaçants, tantôt bienveillants, ceux-ci semblent être les gardiens de la destinée. Par exemple, ils sauvent Barret lorsque celui-ci est « tué » par Sephiroth.

Le dernier chapitre du Remake s’intitule Singularité du Destin. Il propose de pénétrer dans une sorte de dimension parallèle dans laquelle Cloud et ses amis affrontent des Fileurs, puis Sephiroth lui-même. (La réorchestration de One Winged Angel est pleine de tension). L’ambiance de ce combat n’est pas sans rappeler la confrontation de Sora contre Darkside dans Kingdom Hearts.

Mécontent d’avoir vaincu les incarnations du destin, Cloud est sujet à des visions qu’on peut qualifier de prédictions. Les personnages semblent avoir conscience de certaines péripéties, avant qu’elles n’aient eu lieu. Sephiroth a même prévenu Cloud que le destin n’est pas écrit. (Si tu veux plus de détails, je t’invite à consulter cette page). Doit-on en conclure que les personnages vont, à partir de la suite du Remake, réécrire l’histoire de Final Fantasy VII ?

C’est une des théories qui intrigue le plus la toile. Il serait surprenant qu’après une première partie aussi fidèle, la suite se permette des écarts scénaristiques voire des contradictions avec le jeu originel. Au reste, Square Enix a parfois présenté Final Fantasy VII comme une réécriture plutôt qu’un simple Remake. Un compromis envisageable serait de proposer une suite introduisant la notion de choix et de conséquences, pour montrer qu’il existe de multiples destins et que rien n’est effectivement écrit. Mais cela poserait des complications dans la production de plusieurs suites. Le moins que l’on puisse dire est que le dénouement de ce Remake se révèle marquant.

Il est probable que Final Fantasy VII Remake ait posé des bases, sans trop nous dépayser, afin de proposer des suites plus ambitieuses et révolutionnaires.

On peut notamment citer la présence de Zack, dans certaines visions, qui préparent déjà le terrain pour un véritable étoffement du lore de l’univers. (Zack est un SOLDAT ayant sauvé la vie de Cloud, avant de mourir devant Midgar. Cloud vole, à son insu, une bonne partie des souvenirs et de l’identité de Zack. Ce dernier a notamment été développé dans le jeu vidéo Crisis Core, paru sur PSP en 2007.)

Ainsi nos héros quittent-ils Midgar.

Comic Con et Paris Games Week [2019]

Cette année, j’ai eu l’opportunité de participer à deux événements phares à Paris : le Comic Con et la Paris Games Week. Il s’agit de deux conventions dont sont épris tous les passionnés de pop culture et de jeux vidéos. Je vais d’abord te faire le récit de mon expédition au Comic Con. Cette convention se concentre essentiellement sur les séries, le cinéma et bien naturellement les comics. Elle rend hommage aux œuvres de science-fiction ou de fantasy, tout en donnant la part belle aux super-héros. Elle a eu lieu du 25 au 27 octobre 2019, et c’est le dimanche – soit le dernier jour – que j’ai pu m’y rendre. Je te parlerai ensuite de la Paris Games Week. Comme son nom l’indique, cette convention se focalise essentiellement sur le genre vidéoludique. Elle a eu lieu du 30 octobre au 3 novembre 2019. Je m’y suis rendue le vendredi 1er novembre. (Je m’excuse d’avance pour la qualité des photos ou vidéos de cet article, mais j’ai tâché de privilégier mes propres captures du moment.)

L’article promet d’être dense, aussi je te laisse ce sommaire, afin que tu guettes les parties qui t’intéressent :

I.1 Présentation du Comic Con | I.2 Entretien avec Gustaf Skarsgard | I.3 Conférence Star Trek : Picard

II.1 Présentation de la PGW | II.2 Final Fantasy VII Remake | II.3 Death Stranding | II.4 Luigi’s Mansion 3 | II.5 MediEvil | II.6 Cyberpunk 2077

I.1 Bienvenue au Comic Con Paris

Je ne vais rien t’apprendre si tu es un habitué du Comic Con, mais si tel n’est pas le cas ; je te conseille d’être bien attentif. Le Comic Con Paris peut être assez déstabilisant si tu y vas pour la première fois, sans la moindre organisation. La convention se déroule à la Grande Halle de La Vilette et l’espace se révèle beaucoup moins spacieux que tu pourrais l’imaginer. Les stands étant essentiellement des boutiques, tu as rapidement fait le tour. Je te conseille donc d’y aller en bonne compagnie, et même déguisé, qui plus est. Les amateurs de cosplay sont très nombreux à arpenter les lieux, et c’est l’occasion de faire des rencontres ou des photos sympathiques. Je suis d’ailleurs agréablement surprise que mon cosplay sans prétention du señor Berlin (La Casa de Papel) ait été remarqué. Crois-moi, à mon niveau, quand on me demande si on peut être pris en photo avec moi, c’est une consécration !

Les trois jours de la convention sont riches en événements et en activités, malheureusement, beaucoup peuvent se révéler décevants. Il y a peu de place et beaucoup de monde. Tu peux ne pas avoir envie de patienter pour simplement prendre une photo sur le canapé de la série Friends. Ce manque d’aération est d’ailleurs fort préjudiciable si l’on souhaite admirer les cosplays incroyables du salon. Je me demande encore pourquoi la « scène » où ont lieu les rassemblements de cosplays est si ridicule.

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J’ai toutefois passé une excellente journée, riche en découvertes. Je suis par exemple tombée sous le charme du travail du dessinateur Wil Shrike, à qui j’ai acheté quelques prints et dont je suis maintenant l’instagram. Et j’ai bien sûr été marquée par les conférences auxquelles j’ai pu assister. Mon conseil ultime pour passer une bonne journée au Comic Con est de ne pas se précipiter sur les billets, et d’attendre le programme, qui est divulgué peu de temps avant l’événement. Je conseille d’autant plus d’attendre que la liste des invités est susceptible de changer, en raison de l’emploi du temps chargé des artistes. Mais si tu es curieux de rencontrer tel comédien ou tel casting, les conférences qui ont lieu sur la Grande Scène sont ouvertes à tous, enrichissantes et gratuites (au contraire des photos et dédicaces).

I.2 11h15 : Entretien avec Gustaf Skarsgård

La première conférence à laquelle j’ai assisté fut une rencontre avec le comédien suédois Gustaf Skarsgård, que tu as sûrement vu dans Vikings ou Westworld. Nous nous sommes installés au rythme des musiques folles du DJ, et nous n’avons pas beaucoup patienté. L’acteur suédois a été reçu par une membre du staff (Yaële Simkovitch), qui s’est chargée de lui poser des questions et de traduire ses réponses, avant que le public puisse lui-même prendre la parole. J’ai découvert un homme aussi avenant que discret, qui m’a permis de percevoir la série Vikings, et le personnage qu’il incarne – Floki – sous différentes angles. Et surtout, cet entretien m’a donné furieusement envie de revoir la série !

Gustaf Skarsgård était merveilleusement adapté pour le rôle de Floki. Étant de nationalité suédoise, celui-ci a plus d’affinités que nous avec le peuple Viking. D’ailleurs, il nous a confié que, plus jeune, il était amateur de combats à l’épée, d’équitation, et du Seigneur des Anneaux. Au contraire du Seigneur des Anneaux, Vikings est une série qui s’inspire de faits historiques. Le personnage de Floki a existé mais nous savons peu de choses à son sujet, si ce n’est qu’il aurait découvert l’Islande. Comme dans la série, il s’agit donc d’un grand explorateur.

Notre hôte s’est questionnée sur les raisons de la popularité de Floki, qui est effectivement un personnage que j’aime beaucoup. Certes, celui-ci est à la fois drôle et étrange, mais Gustaf Skarsgård a mis en avant sa prédisposition à se soucier des autres personnages, et ce, même s’il lui arrive parfois de… tuer quelqu’un pour les mauvaises raisons. Tu l’auras compris, l’entretien était enrichissant, mais aussi décontracté et ponctué d’humour.

L’accent a ensuite été mis sur la relation entre Ragnar (protagoniste de la série incarné par Travis Fimmel) et Floki. Pour Gustaf Skarsgård, il paraît clair que Ragnar est le seul et unique ami de Floki. Il va même jusqu’à affirmer que tous les actes de Floki sont guidés par la volonté d’obtenir l’approbation et l’affection de Ragnar. C’est ce qui rend cette relation si intense, et surtout si surprenante venant d’une série de vikings. Il faut dire que Gustaf Skarsgård ne voyait pas d’intérêt à incarner un personnage qui clamerait simplement, d’une voix de baryton : « Yes, I’m a Viking ». Floki est différent des autres. S’il avait été notre contemporain, peut-être lui aurait-on diagnostiqué une schyzophrénie ; et tout cela finit de le rendre inoubliable et attachant. Gustaf Skarsgård nous a confié que Floki n’est pas un personnage foncièrement facile à jouer, même si son attachement pour le rôle est flagrant. Floki est constamment en conflit avec lui-même, et le comédien est amené à ressentir les sentiments joués, ce qui rend certaines scènes très intenses. En même temps, il considère que cette empathie intrinsèque au métier d’acteur lui permet d’évoluer en tant que personne. C’est sans doute pourquoi les scènes émotionnelles représentent les plus grands défis, alors que les scènes de batailles peuvent être « funs » à jouer.

Je ne peux pas te résumer la conférence en entier, mais il était grisant de constater combien un comédien peut être différent du personnage qu’il incarne. Je ne parle même pas du costume ou du maquillage mais de sa voix, de son accent, de son intonation, et même de son rire. Gustaf Skarsgård nous a expliqué le processus pour trouver la voix chantante de Floki, ou encore son rire étrange, avec une démonstration à la clé. Il ne nous a pas seulement parlé de Vikings, mais aussi de Westworld, en plaisantant sur le temps qu’il mettait à comprendre les scripts des épisodes qu’il s’apprêtait à jouer. Il nous a aussi appris qu’il incarnerait Merlin, dans la série Cursed, disponible sur Netflix en 2020. Pour finir, il a reconnu qu’il rêverait de faire un film avec son père (Stellan Skarsgård) et ses frères (Alexander ou encore Bill Skarsgård). Je garde vraiment un excellent souvenir de cette conférence aussi intimiste qu’instructive.

I.3 16h : Amazon Prime Video – Star Trek : Picard

L’autre conférence à laquelle j’ai assisté est la rencontre avec le casting de la série Picard, qui sera diffusée sur Amazon Prime, dès janvier 2020. J’ai donc pu être en présence de Evan Evagora, Isa Briones, Santiago Cabrera, Michelle Hurd et Sir Patrick Stewart. Je ne suis pas fan de Star Trek, mais davantage des films X-Men, aussi étais-je très intriguée par cette conférence. Autant dire que son ambiance fut assez différente de celle à laquelle j’avais assisté plus tôt. On sentait qu’il s’agissait d’un sacré événement, même pour le Comic Con Paris. La queue était plus longue et plus dense, et la conférence a commencé avec un peu de retard. Par dessus-tout, il y avait une vraie effervescence dans la salle. Les fans étaient si excités à l’idée de rencontrer Patrick Stewart, ou de regarder – en avant-première – la bande-annonce de la série, que c’était très communicatif. La conférence n’était pas gérée par la même personne et je regrette vraiment que le traducteur (Frédéric Benudis) se soit contenté de résumer les questions ou les réponses qui ont été données, car cela a rendu certains échanges assez concis. L’autre défi constituait à mettre en valeur l’ensemble des acteurs présents, alors que tous les yeux étaient rivés sur Patrick Stewart. Ce dernier, bien rodé à l’art des interviews, a plusieurs fois réorienté les questions vers ses collègues.

Cela m’amène à te dire que Patrick Stewart est un sacré personnage. Je l’ai trouvé très franc et direct, tout en restant respectueux et intéressant. J’ai notamment pu apprendre qu’il ne comprenait que quelques mots de français, en dépit des origines francophones de Picard, et que ses collègues – plus jeunes que lui – avaient été honorés et impressionnés à l’idée de travailler avec lui. Patrick Stewart a fait semblant de se lever et d’être prêt à en découdre, lorsque Isa Briones a malgré tout reconnu ne jamais avoir suivi Star Trek, avant d’être approchée pour le rôle. L’ambiance était donc chaleureuse, même si la conférence était beaucoup moins intimiste que celle avec Gustaf Skarsgård.

Il faut dire que les questions posées par le public ont quelquefois été moins intéressantes, voire hors de propos. On a par exemple demandé à Patrick Stewart s’il avait été contacté pour jouer dans un film DC Comics, ou si on prévoyait de faire un film solo sur le Professeur Xavier. Ce à quoi il a répondu de manière concise et très drôle : « NON. » ou encore « Xavier est mort ». Certes, même s’il est naturel que les feux des projecteurs soient tournés vers Patrick Stewart, la conférence était tout de même destinée à présenter la série Picard ! D’ailleurs, quelqu’un a demandé à Patrick Stewart s’il préférait le Professeur Xavier ou Jean-Luc Picard. Celui-ci a tout simplement répondu qu’il préférait toujours celui qu’il était en train d’incarner, à ce moment-là. Comme tu t’en doutes, la saga Star Wars – grande rivale de Star Trek – a été plusieurs fois mentionnée, notamment à cause d’un lapsus du traducteur, et j’ai beaucoup aimé l’auto-dérision dont a fait preuve le casting.

Mais qu’ai-je appris sur Picard, pour en revenir à nos moutons ? A priori, la série est indépendante de tout ce qui a été fait, auparavant, de manière à partir à la conquête d’un nouveau public. Certes, le casting est tout jeune et neuf, mais les anciens comédiens et personnages sont nombreux à revenir, comme Brent Spiner (Data) ou encore Jonathan Frakes (Riker). Les aventures de Picard se dérouleront en compagnie d’un pitbull, appelé Number One, et une vraie recherche de diversité a été effectuée, de manière à raconter une histoire très humaine et profonde. Peut-être ai-je tort de m’avancer, mais il me semble que la série porte un engagement social, pour ne pas dire politique. D’ailleurs, Patrick Stewart a tenu à clore la conférence en parlant du féminisme dans les projets auxquels il participe, ou encore de la honte qu’il éprouve à l’idée de représenter l’Angleterre, depuis que le Brexit a été mis en place. Pour rappel, celui-ci est d’actualité puisqu’il était censé être effectif à partir du 31 octobre 2019, avant d’être retardé. Somme toute, cette conférence s’est révélée très instructive, même si l’ambiance était différente, et même si je ne connais rien à Star Trek !

II.1 Bienvenue à la Paris Games Week

La deuxième convention à laquelle j’ai assisté durant les vacances d’octobre est la Paris Games Week. Celle-ci s’est déroulée à Paris Expo Porte de Versailles. Et je dois avouer que, même si j’avais été prévenue qu’il y aurait beaucoup de monde, je ne m’attendais pas à une telle effervescence. Si tu veux un jour tester la PGW, je te conseille d’y aller tôt car entrer dans les lieux ne sera pas une mince affaire. C’est par ailleurs durant les premières heures que tu pourras le plus profiter des différents stands. Il y a eu un véritable pic de fréquentation de la fin de matinée jusqu’au milieu d’après-midi, au point de provoquer de véritables bouchons au niveau des couloirs entre les halls. Ce fut d’ailleurs pour moi l’occasion d’entendre la pire phrase de ma vie, lorsque le propriétaire du stand culinaire devant lequel j’attendais s’est écrié : « il n’y a plus de burgers ! » Tu l’auras compris, la journée a été fatigante. J’aimerais dire que j’ai pu profiter pleinement du salon, avant la fermeture, mais malheureusement, certains stands fermaient bien avant 18h30. Autant dire que l’organisation de la PGW, ou du moins sa gestion du public, n’est pas le point fort de l’événement. Mais peut-on lui jeter la pierre pour autant ? Il est fort probable que la PGW soit victime de son succès, et que le staff ait lui-même été pris au dépourvu face à une telle fréquentation. De plus, il s’agissait d’un jour de pluie, et surtout d’un jour férié ! Peut-être aurait-il été plus sage de ma part de m’y rendre au début, ou à la fin de l’événement.

Ayant fait le Comic Con quelques jours avant, j’ai envie de comparer l’ambiance et le public des deux conventions. J’ai pu constater que celui de la PGW était bien moins mixte que celui du Comic Con. Et pourtant, je sais que les gameuses sont nombreuses ! J’ai aussi croisé beaucoup d’adolescents, voire des familles avec des enfants très jeunes. D’une certaine façon, il est très plaisant de voir combien le jeu vidéo peut rassembler les gens. Par contre, ceux-ci étaient beaucoup moins disposés à se déguiser que lors du Comic Con. Tu vas sans doute me dire qu’il n’est pas facile de tester un jeu avec un masque sur la tête, mais l’ambiance était tout de même moins bon-enfant. Au risque de me répéter, la journée fut fatigante, en raison de la fréquentation ou de la durée de certaines queues, mais je ne regrette en aucun cas d’avoir pris part à la PGW. Et pour cause, les bonnes surprises ont tout autant été au rendez-vous.

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Pour commencer, j’ai eu la satisfaction d’apprendre que les abonnés du PS Plus avaient la possibilité de passer (ou écourter) les queues, à condition de demander un bracelet. Cela m’a fait gagner un temps précieux pour deux gros stands, dont je parlerai plus bas. Ensuite, certains stands ont été généreux en faisant tout simplement un cadeau aux participants, comme un poster ou une casquette. Les photos étaient également offertes après avoir posé devant un décor de jeu vidéo. Ces petits gestes ont rendu la PGW bien plus conviviale et sympathique, et les différents animateurs n’y sont pas pour rien ! Chacun d’entre eux était très prévenant et même drôle, à sa manière. De plus, quand tu es fan de jeux vidéo, il est tout simplement grisant de te balader entre des stands superbement décorés, et ce, en très bonne compagnie. J’ai effectivement passé la journée auprès de Hauntya, du blog Hauntya’s room. J’ai aussi pu passer un moment avec Matthieu, du blog Break Culture (pour ne citer que cela, il est notamment l’un de mes partenaires dans Pod’Culture, le podcast sur la pop-culture) ! C’est aussi ça, la PGW : des instants de partage et de rencontre avec des gens tout aussi passionnés que toi. En plus de pouvoir découvrir les jeux très attendus de l’année prochaine, ou encore les progrès de la technologie vidéoludique. J’ai par exemple été impressionnée par un terrain dédié aux prouesses de la réalité virtuelle. Mon seul et dernier regret est que les stands de goodies, en dehors de quelques exceptions, s’adressaient bien plus à des fans de mangas qu’à des fans de jeux vidéo. J’aurais pourtant juré que la Japan Expo était en juillet. Mais trêve de tergiversations, je vais maintenant te présenter ce que j’ai appris sur les jeux dont j’ai pu profiter.

II.2 Final Fantasy VII Remake : sortie prévue le 03/03/2020

Étant une grosse fan de Final Fantasy, il est bien naturel que ce stand soit passé en priorité. Il était tôt, et armée de mon bracelet PS Plus, je n’ai eu aucune difficulté à y entrer. Une vitrine exposait la figurine de Cloud sur sa moto, qui sera fournie dans la version collector. La pièce suivante diffusait une vidéo expliquant les commandes du jeu, afin de ne pas perdre de temps durant le test de dix minutes. Et j’ai finalement pu avoir la manette en mains, quatre mois avant la sortie du jeu. Je ne te cache pas que ça fait quelque chose. J’aurais pu hésiter à acquérir ce remake, qui ne comportera visiblement pas toute l’histoire de l’original, mais je pense désormais que ce sera day one, en ce qui me concerne. Les graphismes sont somptueux et les musiques du jeu fort bien réorchestrées. J’ai tout de suite accroché à cette démo qui se déroule au moment où Cloud et Barret accèdent au réacteur Mako afin de le faire exploser. Il y a eu quelques minutes d’exploration avant d’être confronté à un boss : le Scorpion gardien. Celui-ci était déjà dans le premier jeu mais se révèle nettement plus impressionnant et résistant. Il faut dire que Final Fantasy VII est un action-RPG, dont certaines mécaniques rappellent Final Fantasy XV. Il est toutefois possible de mettre le combat en pause afin de mener à bien sa stratégie, en hommage au tour par tour du premier opus. En outre, il est possible de basculer d’un personnage à un autre : j’ai donc pu incarner aussi bien Cloud que Barret, ceux-ci ayant des armes différentes, mais aussi des compétences et des magies uniques. Pour finir, j’ai été agréablement surprise par les dialogues échangés entre les membres de l’équipe, ce qui rend l’aventure vivante, et les personnages plus attachants. Il est très plaisant d’entendre Cloud et Barret se chamailler, d’autant que le jeu est entièrement doublé en français. Et je tiens à dire à ceux qui n’ont pas été convaincus par la dernière bande-annonce, que le doublage passe très bien, in-game. Après ce test, chaque visiteur a reçu un poster du jeu et a eu la possibilité d’être pris en photo, en maniant l’arme factice de Barret ou de Cloud. J’ai ainsi porté l’épée du protagoniste. Une épée de 7kg, tout de même !

II.3 Death Stranding : sortie prévue le 08/11/2019

Death Stranding fait beaucoup parler de lui, depuis des mois, en raison de son casting de marque (Norman Reedus et Mads Mikkelsen pour ne citer qu’eux), mais aussi et surtout de son créateur : Hideo Kojima, à qui l’on doit les sagas Metal Gear Solid ou Silent Hill. Par ailleurs, au vu de ce qui a été montré dans le jeu, il semble difficile de savoir ce qui déroutera le plus le joueur : le gameplay ou l’histoire. Pour être franche, je ne suis guère intéressée par Death Stranding, tout en restant intriguée. C’est pourquoi je me suis rendue dans le stand, qui ne m’a opposé aucune résistance, grâce à mon précieux bracelet. Il a été décevant que celui-ci ne propose aucune démo, mais simplement une bande-annonce, certes très fournie. Tout ce que je peux dire, c’est que les graphismes sont très impressionnants, l’histoire sophistiquée et l’ambiance unique, comme le jeu l’avait promis.

II.4 Luigi’s Mansion 3 : sorti le 30/10/2019

La PGW ne présente pas que des jeux destinés à paraître, mais aussi des jeux qui sont sortis plus ou moins récemment. C’est l’occasion de vérifier si on va acquérir tel jeu, ou non. C’est dans cette optique que je me suis dirigée vers Luigi’s Mansion 3. La direction artistique de ce jeu Switch est fort plaisante, et il me plaît d’incarner Luigi, même si je n’avais jamais touché à la saga, auparavant. J’ai appris que le jeu pouvait être fait à deux, en local. Le test n’a pas été très concluant pour autant. Je n’ai eu le jeu en mains que quelques minutes, et je n’ai pas eu le temps d’assimiler les commandes. De plus, l’étage de l’hôtel dans lequel nous étions plongés n’était pas très intéressant. J’ai noté la présence de beaucoup de toilettes ! Au reste, je ne doute pas que le jeu, dans sa globalité, doit être très fun, en raison du nombre de pièces à explorer, mais aussi de la variété des ennemis ou de l’arme insolite de Luigi.

II.5 MediEvil : remake sorti le 25/10/2019

Ayant été conquise par le remake de Crash Team Racing, et intriguée par celui de Spyro, je me suis naturellement tournée vers celui de MediEvil. Ce jeu sorti en 1998 permettait d’incarner un squelette revenu d’entre les morts, afin d’affronter l’adversité. Je n’y ai joué que quelques minutes mais les touches et les mécaniques semblent très intuitives. L’univers du jeu semble à la fois cauchemardesque et burlesque. J’ai beaucoup aimé la direction artistique et les nouveaux graphismes. A priori, ce remake propose trop peu de nouveautés par rapport à l’original, mais n’y ayant jamais joué, cela ne devrait pas me poser problème.

II.6 Cyberpunk 2077 : sortie prévue le 16/04/2020

Dois-je encore présenter Cyberpunk 2077 ? Il s’agit de l’un des jeux les plus attendus par les joueurs, et je ne déroge pas à la règle. Ce n’est pas seulement parce qu’il est produit par CD Projekt RED, les créateurs de The Witcher III. Tous les éléments de ce RPG ont l’air d’atteindre un niveau stratosphérique, des mécaniques de gameplay, aux graphismes, en passant par la créativité et la crédibilité de l’univers inventé. Il s’agissait d’un des stands les plus imposants et les plus fréquentés du salon. J’ai patienté près de deux heures pour pouvoir y entrer. Il faut dire que celui-ci diffusait une démo de 45 minutes. Certes, je n’ai pas eu la manette en mains, mais l’heure s’est révélée captivante, en raison des commentaires explicatifs de l’un des animateurs. J’attendais énormément Cyberpunk 2077 et je suis maintenant impatiente d’y jouer. Nous avons d’abord eu un aperçu de l’écran de création du personnage qui a l’air de proposer des possibilités infinies. Mais ce n’est pas tout. Il sera possible de changer la tenue de son personnage au cours du jeu, ainsi que de lui faire apprendre des aptitudes et des compétences aussi différentes qu’utiles. Il sera ainsi possible de réaliser les quêtes de manière furtive, en piratant les caméras et autres objets exploitables, et en ne tuant personne ; ou encore de jouer les gros bras. Et ce ne sont que deux exemples parmi d’autres. Nos aptitudes comme nos choix auront énormément d’impacts sur les PNJs ou la suite de l’aventure. Par exemple, la démo nous a plongés dans un quartier où les personnages parlaient une langue étrangère. Leurs paroles étaient traduites en temps réel grâce à une puce acquise au préalable. La démo se déroulait à la moitié du jeu, à priori, ce qui nous a permis de visiter Night City. J’ai été ni plus ni moins conquise par les animations et les graphismes époustouflants. Et je pèse mes mots. Les décors grouillent de détails et les PNJs semblent plus vivants que jamais. Le jeu sera truffé d’éléments perturbateurs dont tu pourras tenir compte, ou non, ce qui promet de rendre l’expérience terriblement immersive. J’avais et j’ai toujours des a priori contre la vue à la première personne, mais celle-ci rend le jeu d’autant plus immersif. Je me suis vraiment crue à Night City. Il me tarde vraiment d’explorer cet univers riche comme original, en compagnie de Johnny Silverhand, le personnage incarné par Keanu Reeves. Celui-ci n’est en fait qu’un hologramme que tu seras le seul à voir, à cause d’une puce indésirable. Par dessus-tout, les décors, les choix de dialogues multiples, la variétés des gangs et l’impact des décisions rendront sans doute ce jeu addictif. Vivement ! (Notons que je suis repartie avec un tatouage éphémère et une casquette offerte.)

Bilan : Au cours de cette journée, j’avais la ferme intention de tester Zelda : Link’s Awakening (sorti le 20/09/2019), Biomutant (prévu prochainement) et surtout Pokémon Epée et Bouclier (sortie prévue le 15/11/2019) mais je n’en ai malheureusement pas eu la possibilité. J’aime Pokémon, mais pas au point de faire presque 4h de queue ! Au reste, j’espère que ce compte-rendu t’aura donné un bon aperçu du Comic Con et de la PGW. Et pourquoi pas… L’envie d’y aller à ton tour !