Une brève histoire du boss final

Beaucoup de bonnes choses sont arrivées dernièrement. Si je ne dois en citer qu’une, c’est le fait d’avoir rejoint le staff de PSTHC. Si tu le souhaites, tu peux déjà consulter certaines de mes news, en ligne. Mais je reste évidemment fidèle au poste, sur ce blog, et ce, un jeudi sur deux. Ce blog est un carnet de bord, c’est pourquoi je ressens l’envie, comme le besoin, d’y aborder tous les jeux que j’ai eu l’opportunité de finir. Tu l’as compris, je ne veux pas proposer de tests, mais des analyses concernant un jeu, ou plusieurs. Loin d’être une contrainte, imaginer comment je vais pouvoir aborder un jeu, est un défi assez amusant en soi. Comme j’ai testé trois jeux issus de générations différentes, dernièrement, je me suis dis que c’était l’occasion parfaite pour parler de l’évolution du boss final dans le jeu vidéo.

J’aimerais qu’on parle du boss final, en général, avant de vérifier comment il est traité dans Aladdin et Le Roi Lion, deux jeux sortis notamment sur Megadrive, en 1993 et 1994. Deux jeux que j’ai découverts grâce à la compilation Disney Classic Games. On fera ensuite un léger bond jusqu’en 1998, année durant laquelle est paru MediEvil, sur PlayStation. J’ai seulement eu l’occasion de jouer au remake mais celui-ci est sensiblement fidèle à l’original. Pour finir, on abordera Star Wars Jedi : Fallen Order, sorti sur PS4, l’année dernière.

Le boss final : keskecé ?

Crois-le ou non, le boss final n’a pas toujours existé. Le premier jeu vidéo, Pong, est sorti en 1972. Il faudra attendre deux ans avant qu’un jeu n’utilise la mécanique du boss. Le premier boss est Golden Dragon, apparu dans Dungeons and Dragons, en 1974.

As-tu déjà réfléchi à tout ce qui distingue un boss des autres adversaires ?

L’utilité première d’un boss, surtout final, est d’opposer de la résistance au joueur, notamment pour rallonger la durée de vie du jeu. Mais au fur et à mesure que le jeu vidéo a évolué, le boss a servi le gameplay, la mise en scène et bien sûr le scénario. Un boss est, par définition, plus difficile à abattre, c’est pourquoi il permet de varier les mécaniques de gameplay. Pour que la victoire soit plus gratifiante, il est souvent le protecteur d’une récompense qu’on obtient uniquement après l’avoir vaincu. Il peut s’agir d’un trésor comme, tout simplement, de points d’expérience. Le boss apporte souvent un bouleversement dans la mise en scène, de manière à être reconnaissable, et ce même s’il n’a pas été présenté au préalable. Dans bien des jeux, il a une apparence atypique voire une taille gargantuesque. Le concept de boss final s’inspire du mythe de David contre Goliath. Son apparition ou le duel lui-même peuvent être accompagnés d’une musique dramatique. Tous les boss ne sont pas essentiels au scénario, mais certains incarnent de véritables antagonistes, s’opposant au héros, dans un ou plusieurs jeux de la saga. Plus bas, tu trouveras les sources que j’ai utilisées afin d’écrire ce récapitulatif. Et maintenant que les bases sont posées, nous allons pouvoir rentrer dans le vif du sujet.

Simba affronte Oscar, mon oncle. Non, l’oncle du Singe. Non…

Le Roi Lion (1994)

• Vidéo, dernier niveau du Roi Lion et combat contre Scar.

Aladdin et Le Roi Lion sont des jeux de plate-forme reprenant, avec une grande justesse, les différents environnements des films classiques de Disney. Pour éviter de me répéter, et parce que – sans surprise – j’ai eu une légère préférence pour lui, je vais parler du Roi Lion.

Le jeu possède une dizaine de niveaux qui sont parfois ponctués de combats contre différents boss. Dans ce jeu datant de 94, les attaques et les animations possibles sont évidemment limitées. La résistance d’un ennemi se calcule donc au nombre de coups qu’il faut asséner, afin de l’éliminer. D’autre part, les adversaires ne disposent pas de barres de vie, afin de savoir où l’on en est. Il va de soi que le boss final du jeu est Scar, l’oncle fratricide. Lors du dernier niveau, Scar attaque et évite certains coups. Une animation, qui apparaît après certains coups, indique quand il commence à fatiguer. Comme il s’agit du dernier ennemi du jeu, il est pourvu d’une grande résistance et il faut le frapper un nombre incalculable de fois. De plus, le combat est découpé en trois moments. A vrai dire, il peut durer à l’infini si le joueur ne comprend pas qu’il faut finir par le pousser dans le vide, depuis le rocher du lion. Comme bien des jeux de cette génération, le boss final nécessite de l’endurance, de la persévérance et aussi de l’astuce.

(Za)rok never dies.

MediEvil (1998)

• Vidéo, « Le repaire de Zarok », dans MediEvil.

MediEvil est sorti quatre ans après Le Roi Lion, seulement. Et pourtant, il s’agit déjà de la génération de console suivante (la cinquième) et les graphismes sont désormais en 3D. Cela permet de se déplacer davantage dans l’espace, et d’utiliser plus d’animations. Il va de soi que les boss ont évolué en conséquence. Je ne m’y attendais pas mais, comme dans un Final Fantasy, MediEvil peut se targuer de proposer une succession de boss au joueur souhaitant terminer le jeu.

Le dernier niveau, intitulé « Le repaire de Zarok » propose tout simplement trois combats distincts. Les ennemis, comme les mécaniques et stratégies de combat, sont différents. Dans un premier temps, Sir Daniel Fortesque ne se bat pas directement mais doit fournir des soins à son armée de squelettes, afin de venir à bout du camp adverse. Le deuxième round est un combat contre Lord Kardok, un chevalier capable d’invoquer d’autres ennemis. Le boss final est naturellement Zarok, qui endosse cependant une forme draconique. Il m’a fallu assimiler et mémoriser les différentes attaques de Zarok afin de les éviter. Cela est indispensable car Zarok n’est vulnérable qu’à certains moments, lorsqu’il recule vers le fond de l’arène. Il faut repérer le bon timing pour l’attaquer. Cette fois, les barres de vie permettent de savoir combien de temps il faut tenir encore. Les combats seront plus ou moins difficiles en fonction de la manière dont on a parcouru le jeu. Je préconise réellement de faire les niveaux à 100% à chaque fois, de manière à récupérer tous les calices, et d’avoir le maximum d’armes ou de vies à sa disposition.

Contrairement au Roi Lion qui ne disposait pas de véritable narration (mieux valait avoir vu le film au préalable) et ne présentait pas Scar avant le combat final, MediEvil fait de Zarok un véritable antagoniste. Celui-ci est présenté dès les premières cinématiques du jeu. Bien qu’il se fasse discret par la suite, il est ce qui pousse Fortesque à poursuivre son aventure. C’est pourquoi la fin a un enjeu scénaristique. Zarok n’en demeure pas moins un antagoniste très conventionnel : il incarne le mal à l’état brut, un mal qu’il faut éradiquer afin de sauver Gallowmere.

Cal Kestis n’est pas très sœur-ein.

Star Wars Jedi : Fallen Order (2019)

• /!\ Spoiler, Vidéo, Fin du jeu

Je vais maintenant parler de Star Wars Jedi : Fallen Order afin d’aborder ce qui se fait, actuellement. Cela me peine toujours de dire cela, mais je ne t’invite à lire cette partie que si tu as déjà fini Star Wars Jedi : Fallen Order, ou si tu te moques d’être spoilé. Bien que Fallen Order ne soit pas parfait, j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Le jeu dispose de moments très sympas, à commencer par l’arène de Sorco (et sa musique !) ou encore le fait qu’on puisse trouver des Tachs au sommet des arbres de Kashyyyk. Cette petite référence a tout de suite parlé à mon cœur de fan de Knights of the Old Republic. Par ailleurs, ce jeu est un très bon exemple car le traitement du boss final est très classique. Pourtant, une deuxième partie casse les codes afin de proposer une fin assez mémorable.

Il est naturel de considérer que le boss final de Fallen Order est la Deuxième Sœur. Celle-ci représente une menace croissante, du début jusqu’à la fin de l’intrigue. Aujourd’hui, la plupart des jeux vidéo proposent une narration et une mise en scène de plus en plus cinématographiques. La Deuxième Sœur est donc un personnage à part entière, dont on apprend progressivement le passé et l’identité. Elle représente un obstacle pour Cal Kestis, à plusieurs reprises, avant de l’affronter une dernière fois, au sein de la Forteresse Inquisitorius. Fallen Order possède des combats assez techniques, bien que la difficulté varie grandement en fonction du mode choisi. Quoiqu’il en soit, une défaite renvoie le joueur au dernier point de sauvegarde, en plus de le priver des points d’expérience accumulés. Ceux-ci ne peuvent être récupérés qu’en frappant de nouveau l’ennemi à l’origine de cela. Autre fait notable, bien qu’il soit possible d’explorer les différentes planètes, après avoir terminé l’histoire, le jeu ne propose pas de jouer une deuxième fois les événements de la Forteresse Inquisitorius.

Mais Fallen Order est surprenant dans la mesure où l’on peut considérer qu’il existe un autre boss, après la Deuxième Sœur. Et je ne parle pas d’un boss secret, post-game. Je fais référence à un personnage iconique qui survient, sans prévenir, juste après l’affrontement. J’ai trouvé la narration et la mise en scène inouïes grâce au paradoxe suivant : Cal Kestis ignore de qui il s’agit car les événements se déroulent peu après l’histoire de la Revanche des Sith. Le joueur, lui, sait pertinemment à qui il a affaire. Je dirais même qu’il a ardemment espéré le voir, jusqu’ici. On pourrait qualifier cet acte final de très bon fan service. Le personnage en question représente une menace inouïe, pas seulement parce que le joueur connaît ses antécédents, mais aussi grâce à la mise en scène, nommément le son et la musique. Il est encore hors-champ lorsque retentit le bruit iconique de sa respiration. C’est lui qui achève la Deuxième Sœur, tandis qu’apparaissent les premières notes du thème « Duel of the Fates ». Je peux te dire que j’en ai frissonné, avant de me demander si j’allais vraiment devoir affronter cet adversaire. Il paraît d’autant plus intimidant qu’on sait pertinemment qu’il ne peut être vaincu. Sinon, comment pourrait-il y avoir un Épisode 4 ? Le jeu propose de l’affronter, en vain, afin de ressentir la toute-puissance de ce combattant imbattable. Nous n’avons alors qu’une seule solution : fuir ce Némesis indestructible. On se sent d’autant plus vulnérable que la fuite est jouée, et non seulement montrée.

Comme quoi, malgré la foule de boss finaux incroyables qui existe, et même si ce n’est pas le premier boss qui nécessite de fuir, le jeu vidéo est toujours capable de se ré-inventer, grâce au gameplay, à la narration ou à la mise en scène.

Oh, la belle tête de vainqueur.

Bilan

Cette brève histoire du boss final n’avait évidemment pas pour but d’être exhaustive. J’ai simplement pu constater que ces jeux, appartenant à trois générations, racontaient tous quelque chose de différent, au sujet du boss final. Avant de te laisser partir, j’aimerais te proposer un diaporama des boss qui m’ont marquée, que ça soit à cause de la difficulté du combat, de l’enjeu narratif ou encore de la beauté de la mise en scène. Et toi, quels boss t’ont traumatisé ?

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Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Boss

http://www.jeuxvideo.com/dossiers/00011932/les-boss-dans-le-jeu-video-un-peu-d-histoire-les-premiers-boss-002.htm

http://www.jeuxvideo.com/dossiers/00011932/les-boss-dans-le-jeu-video-les-boss-en-details-boss-final-020.htm

Comic Con et Paris Games Week [2019]

Cette année, j’ai eu l’opportunité de participer à deux événements phares à Paris : le Comic Con et la Paris Games Week. Il s’agit de deux conventions dont sont épris tous les passionnés de pop culture et de jeux vidéos. Je vais d’abord te faire le récit de mon expédition au Comic Con. Cette convention se concentre essentiellement sur les séries, le cinéma et bien naturellement les comics. Elle rend hommage aux œuvres de science-fiction ou de fantasy, tout en donnant la part belle aux super-héros. Elle a eu lieu du 25 au 27 octobre 2019, et c’est le dimanche – soit le dernier jour – que j’ai pu m’y rendre. Je te parlerai ensuite de la Paris Games Week. Comme son nom l’indique, cette convention se focalise essentiellement sur le genre vidéoludique. Elle a eu lieu du 30 octobre au 3 novembre 2019. Je m’y suis rendue le vendredi 1er novembre. (Je m’excuse d’avance pour la qualité des photos ou vidéos de cet article, mais j’ai tâché de privilégier mes propres captures du moment.)

L’article promet d’être dense, aussi je te laisse ce sommaire, afin que tu guettes les parties qui t’intéressent :

I.1 Présentation du Comic Con | I.2 Entretien avec Gustaf Skarsgard | I.3 Conférence Star Trek : Picard

II.1 Présentation de la PGW | II.2 Final Fantasy VII Remake | II.3 Death Stranding | II.4 Luigi’s Mansion 3 | II.5 MediEvil | II.6 Cyberpunk 2077

I.1 Bienvenue au Comic Con Paris

Je ne vais rien t’apprendre si tu es un habitué du Comic Con, mais si tel n’est pas le cas ; je te conseille d’être bien attentif. Le Comic Con Paris peut être assez déstabilisant si tu y vas pour la première fois, sans la moindre organisation. La convention se déroule à la Grande Halle de La Vilette et l’espace se révèle beaucoup moins spacieux que tu pourrais l’imaginer. Les stands étant essentiellement des boutiques, tu as rapidement fait le tour. Je te conseille donc d’y aller en bonne compagnie, et même déguisé, qui plus est. Les amateurs de cosplay sont très nombreux à arpenter les lieux, et c’est l’occasion de faire des rencontres ou des photos sympathiques. Je suis d’ailleurs agréablement surprise que mon cosplay sans prétention du señor Berlin (La Casa de Papel) ait été remarqué. Crois-moi, à mon niveau, quand on me demande si on peut être pris en photo avec moi, c’est une consécration !

Les trois jours de la convention sont riches en événements et en activités, malheureusement, beaucoup peuvent se révéler décevants. Il y a peu de place et beaucoup de monde. Tu peux ne pas avoir envie de patienter pour simplement prendre une photo sur le canapé de la série Friends. Ce manque d’aération est d’ailleurs fort préjudiciable si l’on souhaite admirer les cosplays incroyables du salon. Je me demande encore pourquoi la « scène » où ont lieu les rassemblements de cosplays est si ridicule.

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J’ai toutefois passé une excellente journée, riche en découvertes. Je suis par exemple tombée sous le charme du travail du dessinateur Wil Shrike, à qui j’ai acheté quelques prints et dont je suis maintenant l’instagram. Et j’ai bien sûr été marquée par les conférences auxquelles j’ai pu assister. Mon conseil ultime pour passer une bonne journée au Comic Con est de ne pas se précipiter sur les billets, et d’attendre le programme, qui est divulgué peu de temps avant l’événement. Je conseille d’autant plus d’attendre que la liste des invités est susceptible de changer, en raison de l’emploi du temps chargé des artistes. Mais si tu es curieux de rencontrer tel comédien ou tel casting, les conférences qui ont lieu sur la Grande Scène sont ouvertes à tous, enrichissantes et gratuites (au contraire des photos et dédicaces).

I.2 11h15 : Entretien avec Gustaf Skarsgård

La première conférence à laquelle j’ai assisté fut une rencontre avec le comédien suédois Gustaf Skarsgård, que tu as sûrement vu dans Vikings ou Westworld. Nous nous sommes installés au rythme des musiques folles du DJ, et nous n’avons pas beaucoup patienté. L’acteur suédois a été reçu par une membre du staff (Yaële Simkovitch), qui s’est chargée de lui poser des questions et de traduire ses réponses, avant que le public puisse lui-même prendre la parole. J’ai découvert un homme aussi avenant que discret, qui m’a permis de percevoir la série Vikings, et le personnage qu’il incarne – Floki – sous différentes angles. Et surtout, cet entretien m’a donné furieusement envie de revoir la série !

Gustaf Skarsgård était merveilleusement adapté pour le rôle de Floki. Étant de nationalité suédoise, celui-ci a plus d’affinités que nous avec le peuple Viking. D’ailleurs, il nous a confié que, plus jeune, il était amateur de combats à l’épée, d’équitation, et du Seigneur des Anneaux. Au contraire du Seigneur des Anneaux, Vikings est une série qui s’inspire de faits historiques. Le personnage de Floki a existé mais nous savons peu de choses à son sujet, si ce n’est qu’il aurait découvert l’Islande. Comme dans la série, il s’agit donc d’un grand explorateur.

Notre hôte s’est questionnée sur les raisons de la popularité de Floki, qui est effectivement un personnage que j’aime beaucoup. Certes, celui-ci est à la fois drôle et étrange, mais Gustaf Skarsgård a mis en avant sa prédisposition à se soucier des autres personnages, et ce, même s’il lui arrive parfois de… tuer quelqu’un pour les mauvaises raisons. Tu l’auras compris, l’entretien était enrichissant, mais aussi décontracté et ponctué d’humour.

L’accent a ensuite été mis sur la relation entre Ragnar (protagoniste de la série incarné par Travis Fimmel) et Floki. Pour Gustaf Skarsgård, il paraît clair que Ragnar est le seul et unique ami de Floki. Il va même jusqu’à affirmer que tous les actes de Floki sont guidés par la volonté d’obtenir l’approbation et l’affection de Ragnar. C’est ce qui rend cette relation si intense, et surtout si surprenante venant d’une série de vikings. Il faut dire que Gustaf Skarsgård ne voyait pas d’intérêt à incarner un personnage qui clamerait simplement, d’une voix de baryton : « Yes, I’m a Viking ». Floki est différent des autres. S’il avait été notre contemporain, peut-être lui aurait-on diagnostiqué une schyzophrénie ; et tout cela finit de le rendre inoubliable et attachant. Gustaf Skarsgård nous a confié que Floki n’est pas un personnage foncièrement facile à jouer, même si son attachement pour le rôle est flagrant. Floki est constamment en conflit avec lui-même, et le comédien est amené à ressentir les sentiments joués, ce qui rend certaines scènes très intenses. En même temps, il considère que cette empathie intrinsèque au métier d’acteur lui permet d’évoluer en tant que personne. C’est sans doute pourquoi les scènes émotionnelles représentent les plus grands défis, alors que les scènes de batailles peuvent être « funs » à jouer.

Je ne peux pas te résumer la conférence en entier, mais il était grisant de constater combien un comédien peut être différent du personnage qu’il incarne. Je ne parle même pas du costume ou du maquillage mais de sa voix, de son accent, de son intonation, et même de son rire. Gustaf Skarsgård nous a expliqué le processus pour trouver la voix chantante de Floki, ou encore son rire étrange, avec une démonstration à la clé. Il ne nous a pas seulement parlé de Vikings, mais aussi de Westworld, en plaisantant sur le temps qu’il mettait à comprendre les scripts des épisodes qu’il s’apprêtait à jouer. Il nous a aussi appris qu’il incarnerait Merlin, dans la série Cursed, disponible sur Netflix en 2020. Pour finir, il a reconnu qu’il rêverait de faire un film avec son père (Stellan Skarsgård) et ses frères (Alexander ou encore Bill Skarsgård). Je garde vraiment un excellent souvenir de cette conférence aussi intimiste qu’instructive.

I.3 16h : Amazon Prime Video – Star Trek : Picard

L’autre conférence à laquelle j’ai assisté est la rencontre avec le casting de la série Picard, qui sera diffusée sur Amazon Prime, dès janvier 2020. J’ai donc pu être en présence de Evan Evagora, Isa Briones, Santiago Cabrera, Michelle Hurd et Sir Patrick Stewart. Je ne suis pas fan de Star Trek, mais davantage des films X-Men, aussi étais-je très intriguée par cette conférence. Autant dire que son ambiance fut assez différente de celle à laquelle j’avais assisté plus tôt. On sentait qu’il s’agissait d’un sacré événement, même pour le Comic Con Paris. La queue était plus longue et plus dense, et la conférence a commencé avec un peu de retard. Par dessus-tout, il y avait une vraie effervescence dans la salle. Les fans étaient si excités à l’idée de rencontrer Patrick Stewart, ou de regarder – en avant-première – la bande-annonce de la série, que c’était très communicatif. La conférence n’était pas gérée par la même personne et je regrette vraiment que le traducteur (Frédéric Benudis) se soit contenté de résumer les questions ou les réponses qui ont été données, car cela a rendu certains échanges assez concis. L’autre défi constituait à mettre en valeur l’ensemble des acteurs présents, alors que tous les yeux étaient rivés sur Patrick Stewart. Ce dernier, bien rodé à l’art des interviews, a plusieurs fois réorienté les questions vers ses collègues.

Cela m’amène à te dire que Patrick Stewart est un sacré personnage. Je l’ai trouvé très franc et direct, tout en restant respectueux et intéressant. J’ai notamment pu apprendre qu’il ne comprenait que quelques mots de français, en dépit des origines francophones de Picard, et que ses collègues – plus jeunes que lui – avaient été honorés et impressionnés à l’idée de travailler avec lui. Patrick Stewart a fait semblant de se lever et d’être prêt à en découdre, lorsque Isa Briones a malgré tout reconnu ne jamais avoir suivi Star Trek, avant d’être approchée pour le rôle. L’ambiance était donc chaleureuse, même si la conférence était beaucoup moins intimiste que celle avec Gustaf Skarsgård.

Il faut dire que les questions posées par le public ont quelquefois été moins intéressantes, voire hors de propos. On a par exemple demandé à Patrick Stewart s’il avait été contacté pour jouer dans un film DC Comics, ou si on prévoyait de faire un film solo sur le Professeur Xavier. Ce à quoi il a répondu de manière concise et très drôle : « NON. » ou encore « Xavier est mort ». Certes, même s’il est naturel que les feux des projecteurs soient tournés vers Patrick Stewart, la conférence était tout de même destinée à présenter la série Picard ! D’ailleurs, quelqu’un a demandé à Patrick Stewart s’il préférait le Professeur Xavier ou Jean-Luc Picard. Celui-ci a tout simplement répondu qu’il préférait toujours celui qu’il était en train d’incarner, à ce moment-là. Comme tu t’en doutes, la saga Star Wars – grande rivale de Star Trek – a été plusieurs fois mentionnée, notamment à cause d’un lapsus du traducteur, et j’ai beaucoup aimé l’auto-dérision dont a fait preuve le casting.

Mais qu’ai-je appris sur Picard, pour en revenir à nos moutons ? A priori, la série est indépendante de tout ce qui a été fait, auparavant, de manière à partir à la conquête d’un nouveau public. Certes, le casting est tout jeune et neuf, mais les anciens comédiens et personnages sont nombreux à revenir, comme Brent Spiner (Data) ou encore Jonathan Frakes (Riker). Les aventures de Picard se dérouleront en compagnie d’un pitbull, appelé Number One, et une vraie recherche de diversité a été effectuée, de manière à raconter une histoire très humaine et profonde. Peut-être ai-je tort de m’avancer, mais il me semble que la série porte un engagement social, pour ne pas dire politique. D’ailleurs, Patrick Stewart a tenu à clore la conférence en parlant du féminisme dans les projets auxquels il participe, ou encore de la honte qu’il éprouve à l’idée de représenter l’Angleterre, depuis que le Brexit a été mis en place. Pour rappel, celui-ci est d’actualité puisqu’il était censé être effectif à partir du 31 octobre 2019, avant d’être retardé. Somme toute, cette conférence s’est révélée très instructive, même si l’ambiance était différente, et même si je ne connais rien à Star Trek !

II.1 Bienvenue à la Paris Games Week

La deuxième convention à laquelle j’ai assisté durant les vacances d’octobre est la Paris Games Week. Celle-ci s’est déroulée à Paris Expo Porte de Versailles. Et je dois avouer que, même si j’avais été prévenue qu’il y aurait beaucoup de monde, je ne m’attendais pas à une telle effervescence. Si tu veux un jour tester la PGW, je te conseille d’y aller tôt car entrer dans les lieux ne sera pas une mince affaire. C’est par ailleurs durant les premières heures que tu pourras le plus profiter des différents stands. Il y a eu un véritable pic de fréquentation de la fin de matinée jusqu’au milieu d’après-midi, au point de provoquer de véritables bouchons au niveau des couloirs entre les halls. Ce fut d’ailleurs pour moi l’occasion d’entendre la pire phrase de ma vie, lorsque le propriétaire du stand culinaire devant lequel j’attendais s’est écrié : « il n’y a plus de burgers ! » Tu l’auras compris, la journée a été fatigante. J’aimerais dire que j’ai pu profiter pleinement du salon, avant la fermeture, mais malheureusement, certains stands fermaient bien avant 18h30. Autant dire que l’organisation de la PGW, ou du moins sa gestion du public, n’est pas le point fort de l’événement. Mais peut-on lui jeter la pierre pour autant ? Il est fort probable que la PGW soit victime de son succès, et que le staff ait lui-même été pris au dépourvu face à une telle fréquentation. De plus, il s’agissait d’un jour de pluie, et surtout d’un jour férié ! Peut-être aurait-il été plus sage de ma part de m’y rendre au début, ou à la fin de l’événement.

Ayant fait le Comic Con quelques jours avant, j’ai envie de comparer l’ambiance et le public des deux conventions. J’ai pu constater que celui de la PGW était bien moins mixte que celui du Comic Con. Et pourtant, je sais que les gameuses sont nombreuses ! J’ai aussi croisé beaucoup d’adolescents, voire des familles avec des enfants très jeunes. D’une certaine façon, il est très plaisant de voir combien le jeu vidéo peut rassembler les gens. Par contre, ceux-ci étaient beaucoup moins disposés à se déguiser que lors du Comic Con. Tu vas sans doute me dire qu’il n’est pas facile de tester un jeu avec un masque sur la tête, mais l’ambiance était tout de même moins bon-enfant. Au risque de me répéter, la journée fut fatigante, en raison de la fréquentation ou de la durée de certaines queues, mais je ne regrette en aucun cas d’avoir pris part à la PGW. Et pour cause, les bonnes surprises ont tout autant été au rendez-vous.

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Pour commencer, j’ai eu la satisfaction d’apprendre que les abonnés du PS Plus avaient la possibilité de passer (ou écourter) les queues, à condition de demander un bracelet. Cela m’a fait gagner un temps précieux pour deux gros stands, dont je parlerai plus bas. Ensuite, certains stands ont été généreux en faisant tout simplement un cadeau aux participants, comme un poster ou une casquette. Les photos étaient également offertes après avoir posé devant un décor de jeu vidéo. Ces petits gestes ont rendu la PGW bien plus conviviale et sympathique, et les différents animateurs n’y sont pas pour rien ! Chacun d’entre eux était très prévenant et même drôle, à sa manière. De plus, quand tu es fan de jeux vidéo, il est tout simplement grisant de te balader entre des stands superbement décorés, et ce, en très bonne compagnie. J’ai effectivement passé la journée auprès de Hauntya, du blog Hauntya’s room. J’ai aussi pu passer un moment avec Matthieu, du blog Break Culture (pour ne citer que cela, il est notamment l’un de mes partenaires dans Pod’Culture, le podcast sur la pop-culture) ! C’est aussi ça, la PGW : des instants de partage et de rencontre avec des gens tout aussi passionnés que toi. En plus de pouvoir découvrir les jeux très attendus de l’année prochaine, ou encore les progrès de la technologie vidéoludique. J’ai par exemple été impressionnée par un terrain dédié aux prouesses de la réalité virtuelle. Mon seul et dernier regret est que les stands de goodies, en dehors de quelques exceptions, s’adressaient bien plus à des fans de mangas qu’à des fans de jeux vidéo. J’aurais pourtant juré que la Japan Expo était en juillet. Mais trêve de tergiversations, je vais maintenant te présenter ce que j’ai appris sur les jeux dont j’ai pu profiter.

II.2 Final Fantasy VII Remake : sortie prévue le 03/03/2020

Étant une grosse fan de Final Fantasy, il est bien naturel que ce stand soit passé en priorité. Il était tôt, et armée de mon bracelet PS Plus, je n’ai eu aucune difficulté à y entrer. Une vitrine exposait la figurine de Cloud sur sa moto, qui sera fournie dans la version collector. La pièce suivante diffusait une vidéo expliquant les commandes du jeu, afin de ne pas perdre de temps durant le test de dix minutes. Et j’ai finalement pu avoir la manette en mains, quatre mois avant la sortie du jeu. Je ne te cache pas que ça fait quelque chose. J’aurais pu hésiter à acquérir ce remake, qui ne comportera visiblement pas toute l’histoire de l’original, mais je pense désormais que ce sera day one, en ce qui me concerne. Les graphismes sont somptueux et les musiques du jeu fort bien réorchestrées. J’ai tout de suite accroché à cette démo qui se déroule au moment où Cloud et Barret accèdent au réacteur Mako afin de le faire exploser. Il y a eu quelques minutes d’exploration avant d’être confronté à un boss : le Scorpion gardien. Celui-ci était déjà dans le premier jeu mais se révèle nettement plus impressionnant et résistant. Il faut dire que Final Fantasy VII est un action-RPG, dont certaines mécaniques rappellent Final Fantasy XV. Il est toutefois possible de mettre le combat en pause afin de mener à bien sa stratégie, en hommage au tour par tour du premier opus. En outre, il est possible de basculer d’un personnage à un autre : j’ai donc pu incarner aussi bien Cloud que Barret, ceux-ci ayant des armes différentes, mais aussi des compétences et des magies uniques. Pour finir, j’ai été agréablement surprise par les dialogues échangés entre les membres de l’équipe, ce qui rend l’aventure vivante, et les personnages plus attachants. Il est très plaisant d’entendre Cloud et Barret se chamailler, d’autant que le jeu est entièrement doublé en français. Et je tiens à dire à ceux qui n’ont pas été convaincus par la dernière bande-annonce, que le doublage passe très bien, in-game. Après ce test, chaque visiteur a reçu un poster du jeu et a eu la possibilité d’être pris en photo, en maniant l’arme factice de Barret ou de Cloud. J’ai ainsi porté l’épée du protagoniste. Une épée de 7kg, tout de même !

II.3 Death Stranding : sortie prévue le 08/11/2019

Death Stranding fait beaucoup parler de lui, depuis des mois, en raison de son casting de marque (Norman Reedus et Mads Mikkelsen pour ne citer qu’eux), mais aussi et surtout de son créateur : Hideo Kojima, à qui l’on doit les sagas Metal Gear Solid ou Silent Hill. Par ailleurs, au vu de ce qui a été montré dans le jeu, il semble difficile de savoir ce qui déroutera le plus le joueur : le gameplay ou l’histoire. Pour être franche, je ne suis guère intéressée par Death Stranding, tout en restant intriguée. C’est pourquoi je me suis rendue dans le stand, qui ne m’a opposé aucune résistance, grâce à mon précieux bracelet. Il a été décevant que celui-ci ne propose aucune démo, mais simplement une bande-annonce, certes très fournie. Tout ce que je peux dire, c’est que les graphismes sont très impressionnants, l’histoire sophistiquée et l’ambiance unique, comme le jeu l’avait promis.

II.4 Luigi’s Mansion 3 : sorti le 30/10/2019

La PGW ne présente pas que des jeux destinés à paraître, mais aussi des jeux qui sont sortis plus ou moins récemment. C’est l’occasion de vérifier si on va acquérir tel jeu, ou non. C’est dans cette optique que je me suis dirigée vers Luigi’s Mansion 3. La direction artistique de ce jeu Switch est fort plaisante, et il me plaît d’incarner Luigi, même si je n’avais jamais touché à la saga, auparavant. J’ai appris que le jeu pouvait être fait à deux, en local. Le test n’a pas été très concluant pour autant. Je n’ai eu le jeu en mains que quelques minutes, et je n’ai pas eu le temps d’assimiler les commandes. De plus, l’étage de l’hôtel dans lequel nous étions plongés n’était pas très intéressant. J’ai noté la présence de beaucoup de toilettes ! Au reste, je ne doute pas que le jeu, dans sa globalité, doit être très fun, en raison du nombre de pièces à explorer, mais aussi de la variété des ennemis ou de l’arme insolite de Luigi.

II.5 MediEvil : remake sorti le 25/10/2019

Ayant été conquise par le remake de Crash Team Racing, et intriguée par celui de Spyro, je me suis naturellement tournée vers celui de MediEvil. Ce jeu sorti en 1998 permettait d’incarner un squelette revenu d’entre les morts, afin d’affronter l’adversité. Je n’y ai joué que quelques minutes mais les touches et les mécaniques semblent très intuitives. L’univers du jeu semble à la fois cauchemardesque et burlesque. J’ai beaucoup aimé la direction artistique et les nouveaux graphismes. A priori, ce remake propose trop peu de nouveautés par rapport à l’original, mais n’y ayant jamais joué, cela ne devrait pas me poser problème.

II.6 Cyberpunk 2077 : sortie prévue le 16/04/2020

Dois-je encore présenter Cyberpunk 2077 ? Il s’agit de l’un des jeux les plus attendus par les joueurs, et je ne déroge pas à la règle. Ce n’est pas seulement parce qu’il est produit par CD Projekt RED, les créateurs de The Witcher III. Tous les éléments de ce RPG ont l’air d’atteindre un niveau stratosphérique, des mécaniques de gameplay, aux graphismes, en passant par la créativité et la crédibilité de l’univers inventé. Il s’agissait d’un des stands les plus imposants et les plus fréquentés du salon. J’ai patienté près de deux heures pour pouvoir y entrer. Il faut dire que celui-ci diffusait une démo de 45 minutes. Certes, je n’ai pas eu la manette en mains, mais l’heure s’est révélée captivante, en raison des commentaires explicatifs de l’un des animateurs. J’attendais énormément Cyberpunk 2077 et je suis maintenant impatiente d’y jouer. Nous avons d’abord eu un aperçu de l’écran de création du personnage qui a l’air de proposer des possibilités infinies. Mais ce n’est pas tout. Il sera possible de changer la tenue de son personnage au cours du jeu, ainsi que de lui faire apprendre des aptitudes et des compétences aussi différentes qu’utiles. Il sera ainsi possible de réaliser les quêtes de manière furtive, en piratant les caméras et autres objets exploitables, et en ne tuant personne ; ou encore de jouer les gros bras. Et ce ne sont que deux exemples parmi d’autres. Nos aptitudes comme nos choix auront énormément d’impacts sur les PNJs ou la suite de l’aventure. Par exemple, la démo nous a plongés dans un quartier où les personnages parlaient une langue étrangère. Leurs paroles étaient traduites en temps réel grâce à une puce acquise au préalable. La démo se déroulait à la moitié du jeu, à priori, ce qui nous a permis de visiter Night City. J’ai été ni plus ni moins conquise par les animations et les graphismes époustouflants. Et je pèse mes mots. Les décors grouillent de détails et les PNJs semblent plus vivants que jamais. Le jeu sera truffé d’éléments perturbateurs dont tu pourras tenir compte, ou non, ce qui promet de rendre l’expérience terriblement immersive. J’avais et j’ai toujours des a priori contre la vue à la première personne, mais celle-ci rend le jeu d’autant plus immersif. Je me suis vraiment crue à Night City. Il me tarde vraiment d’explorer cet univers riche comme original, en compagnie de Johnny Silverhand, le personnage incarné par Keanu Reeves. Celui-ci n’est en fait qu’un hologramme que tu seras le seul à voir, à cause d’une puce indésirable. Par dessus-tout, les décors, les choix de dialogues multiples, la variétés des gangs et l’impact des décisions rendront sans doute ce jeu addictif. Vivement ! (Notons que je suis repartie avec un tatouage éphémère et une casquette offerte.)

Bilan : Au cours de cette journée, j’avais la ferme intention de tester Zelda : Link’s Awakening (sorti le 20/09/2019), Biomutant (prévu prochainement) et surtout Pokémon Epée et Bouclier (sortie prévue le 15/11/2019) mais je n’en ai malheureusement pas eu la possibilité. J’aime Pokémon, mais pas au point de faire presque 4h de queue ! Au reste, j’espère que ce compte-rendu t’aura donné un bon aperçu du Comic Con et de la PGW. Et pourquoi pas… L’envie d’y aller à ton tour !